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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 22:47

Voici un petit essai faisant le point sur la situation du christianisme au début de ce troisième millénaire par Pierre Quaranta. 

 

Je crois qu’il convient d’abord de préciser ce que l’on donne comme contenu à ce mot. Si le christianisme est identifié à la Bonne Nouvelle de Jésus le Christ alors il est : vrai, passionnant, toujours d’actualité et rempli d’avenir ! Par contre si christianisme signifie ce qui modelait la société en Europe autrefois, alors il nous faut nous rendre à l’évidence qu’il est dépassé. Autrefois l’Eglise régentait la société, encadrait les êtres humains, donnait le ton, rythmait la vie tout au long de l’année. Elle disait ce qui était péché véniel et péché mortel. Elle gérait tout ou partie de l’éducation, créait et gérait les hôpitaux à travers des gens fort dévoués. Les papes sacraient rois et empereurs ; ils entendaient même disposer d’un pouvoir supérieur à ces derniers, tant sur le plan temporel que spirituel. L’histoire regorge de conflits et de guerres où les papes sont directement partie prenante. Les évêques étaient quasiment des princes et exerçaient de grands pouvoirs. Ce temps est révolu ; voir à ce sujet le livre de Danielle Hervieux Léger : Catholicisme la fin d’un monde (Bayard Presse 2003).

 

vatican2.gifJe pense qu’en réunissant le Concile Vatican II,  Jean XXIII voulait permettre à l’Eglise de se resituer à l’égard de toute l’histoire vécue depuis le Concile de Nicée (325) et l’impulsion donnée par l’empereur Constantin Ier. C’est depuis cette époque que l’Eglise a calqué ses structures et son organisation sur le modèle de l’empire Romain. Le passé est le passé, si l’on en croit Frédéric Lenoir (Le Christ philosophe – Plon - 2007) en agissant ainsi les papes et l’Eglise ont sans doute jugulé le pouvoir monarchique et impérial dans des siècles difficiles ; ils ont aussi véhiculé l’Evangile du Christ. Quel que soit le regard que l’on porte sur les 2000 ans de christianisme on peut regretter ou se réjouir ; il en est ainsi. Cela dit ces siècles là, sont derrière nous.

 

Un jour un prêtre m’a dit : Les églises se vident et personne ne sait ce qu’il faut faire pour y remédier… Personnellement je suis convaincu que Vatican II n’a pas été au bout de sa logique ; les textes ont apporté un certain renouveau mais la structure et le gouvernement de l’Eglise n’a pas changé. L’Eglise est au milieu du gué. Aujourd’hui, beaucoup cherchent la solution dans un retour au passé. En dehors de quelques moments de possible restauration, je crois que ce rôle  et ce pouvoir de l’Eglise sont derrière nous ; rien ne les fera renaître. Alors la solution ? Elle me semble tout simplement devoir être recherchée dans une redécouverte de la Bonne Nouvelle du Christ. Non pas une redécouverte intellectuelle ou doctrinale mais une Bonne Nouvelle à VIVRE. Pour asseoir mon propos je voudrais citer quatre témoins.

 

Dans son livre interview Confession d’un Cardinal, Olivier Le Gendre recueille les confidences d’un cardinal qui fût un proche collaborateur de Jean-Paul II,  longtemps à la tête d’un dicastère et à qui furent confié d’importantes missions ponctuelles. Ce cardinal dont O. Legendre ne donne pas le nom, n’entrevoit aujourd’hui la mission de l’Eglise que comme la mise en pratique par ses fidèles, de l’amour apporté par le Christ.  Je dis que, face à la mondialisation marchande, seule l’universalité des valeurs d’Evangile constitue une alternative possible… Ce qui m’ennuie c’est que des chrétiens réputés comme tels ne vivent pas ces valeurs évangéliquesNous sommes un certain nombre à accepter de penser l’impensable : l’affaiblissement dramatique de nos structures ecclésiales. Nous voulons nous y préparer, avertir, faire naître des germes de renouveau… Nous n’avons pas la possibilité de reconstruire les équilibres du passé… Les solutions sont devant nous, à inventer, pas derrière nous, dans un passé plus ou moins fantasmé…

 

Dans le livre Révolution dans la paix ( Livre de vie – 1968) Dom Helder Câmara ouvrait des perspectives sur le rôle social de l’Eglise et des chrétiens auprès des pauvres face au monde profondément injuste que nous connaissons. Les problèmes du sous-développement, disait-il,  sont au cœur de la relation entre le temporel et le spirituel. Les chrétiens sont invités à prendre leur place dans la société afin que soit vécue collectivement la Bonne Nouvelle de l’Evangile. A propos de Dom Helder Câmara j’avoue ne pas comprendre pourquoi les autorités du Vatican ont nommé pour succéder à un évêque comme lui et son charisme auprès des pauvres, un évêque dont la principale préoccupation fût d’excommunier une enfant de 9 ans et sa mère, à cause de l’avortement subit par cette enfant dont la vie était menacée car enceinte de jumeaux suite à un viol. J’avoue ne pas comprendre et profondément regretter des hommes comme Helder Câmara, qui représentaient un avenir pour l’avancée de l’Evangile.

 

Dans le n° 469  d’octobre 2010 de la revue Panorama, André Gouzes, dominicain (abbaye de Sylvanès – Aveyron), déclare : Ma souffrance est de voir l’Eglise, notre Eglise, entravée dans l’annonce de Jésus-Christ par le poids d’un mode institutionnel issu de siècles tardifs de l’histoire du christianisme en Occident… Tant que les laïcs, dans la diversité de leurs charismes, ne seront pas à égalité de dignité avec les clercs, engagés dans une même synodalité, nous creuserons le fossé entre deux Eglises, pour notre perte.

 

Pour finir, je citerai Monseigneur Albert Rouet archevêque de Poitiers (Le Monde - 4 avril 2010) : …L’Eglise peine à se situer dans un monde tumultueux dans lequel elle se trouve aujourd’hui. C’est le cœur du problème… Désormais le moindre questionnement sur l’exégèse ou la morale est jugé blasphématoire… L’institution fait face à un centralisme romain qui s’appuie sur tout un réseau de dénonciations… On se protège, on s’enferme, c’est le signe d’un monde clos… J’essaie de prendre acte que nous sommes à la fin d’une époque… On est passé d’un christianisme d’habitude à un christianisme de conviction… Le christianisme s’était réservé le monopole du sacré… Les gens ne font plus appel à ce sacré… Nous sommes en train de muter… Il faut mesurer l’ampleur de cette mutation… L’Eglise doit-elle s’appuyer sur ses clercs ou sur ses baptisés ?… Je pense qu’il faut faire confiance au laïques et arrêter de fonctionner sur la base d’un quadrillage médiéval… Si les laïques restent mineurs, l’Eglise n’est pas crédible. Elle doit parler d’adultes à adultes… Le danger est réel, l’Eglise est menacée de devenir une sous culture… Aujourd’hui le risque est que les chrétiens se durcissent entre eux, parce-qu’ils ont l’impression d’être face à un monde d’incompréhension… Il faut une immense miséricorde pour ce monde où des millions de gens meurent de faim ? C’est à nous d’apprivoiser le monde et c’est à nous de nous rendre aimables.

 

Quand on n’a que l’amour, chantait Jacques Brel. Vivre l’amour semble la seule issue pour un christianisme d’avenir ! Là il n’est ni faux, ni ennuyeux, ni dépassé ! Il est l’espérance du monde ! Mais, que de changements devons nous entreprendre pour en arriver là ! Parmi ces changements il me semble que nous devrions prendre conscience que beaucoup de gens aujourd’hui sont en recherche au niveau spirituel. Cependant ils ne recherchent pas une pratique religieuse qu’ils ont tendance à considérer comme extérieure. Ils recherchent plutôt, si je peux me permettre d’interpréter, un dialogue plus intérieur, un dialogue avec ce qui est au plus profond de leur être, un dialogue avec Dieu ; ce dialogue, beaucoup le recherchent au-delà de tout dogme. Dans le monde agité où nous sommes beaucoup sont à la recherche de silence intérieur pour mieux s’ouvrir à eux-même, pour mieux s’ouvrir aux autres.

 

Pour vivre et porter l’Evangile il nous faut, je crois, avoir l’audace d’intégrer ces nouvelles données… Et l’avenir nous appartiendra !


Pierre Quaranta

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Published by Paroisse saint Vincent de Paul - dans COMPRENDRE
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commentaires

Claude Roman 22/10/2010 22:01


Merci pour cette bouffée d'oxygène.C'est l'Espérance!C'est notre avenir.