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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 10:25

Sankale-copie-1.jpgHOMÉLIE DE MGR LOUIS SANKALÉ NOTRE-DAME DE LAGHET 15 AOÛT 2013

La solennité mariale que nous célébrons en cette année de la foi nous rappelle que nous n’avons pas, ici bas, de demeure permanente. Pèlerins de la foi, nous sommes, tous et chaque jour, en route vers notre patrie céleste, à la suite de Celui qui nous a dit : "Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde, et je vais au Père". C’est ce pèlerinage qui conduit aujourd’hui notre diocèse en ce sanctuaire Notre-Dame de Laghet si cher à notre cœur. L’Eucharistie qui nous rassemble plus nombreux qu’à l’accoutumée - nous qui sommes ici présents et tous ceux qui, chez eux, communient par les ondes - se veut action de grâces pour neuf années de présence parmi vous. Non pas rétrospective, mais action de grâces, c’est-à-dire acte de foi. Foi en Dieu qui couvre la Femme de l’Apocalypse de soleil, comme d’un manteau. Foi en Dieu qui lui donne de fouler aux pieds les puissances des ténèbres. Foi en Dieu qui la fait plus mère que reine, en tressant sur sa tête une couronne d’enfants plus nombreux encore que la postérité promise à Abraham.

"Mon âme exalte le Seigneur". L’humble Vierge de Nazareth, que nous contemplons aujourd’hui dans la gloire de son Assomption, nous entraîne dans son action de grâces. Elle nous en montre le chemin en nous accompagnant sur les pas de Celui qui est le chemin. Cette route est celle de l’humilité. Non pas seulement l’humilité morale qui sert parfois de paravent à la pusillanimité ou à cet orgueil exacerbé qu’est la fausse modestie, mais l’humilité biblique, celle des petits et des pauvres, ceux que l’Écriture appelle les anawim, et que l’Église honore d’une "option préférentielle", ainsi que le pape François le rappelle avec insistance. C’est sur eux que le Seigneur jette les yeux comme il le fait sur son humble servante. C’est pour eux que le Puissant fait des merveilles, sur eux que son amour s’étend d’âge en âge.

"Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles". Comprenons bien ! Ces mots - dont j’ai fait la devise de mon épiscopat - vont bien au-delà des slogans revanchards d’une quelconque lutte des classes. S’ils ont une telle force pour toucher nos cœurs, pour convertir nos comportements personnels et collectifs, c’est qu’ils sont imprégnés de l’espérance pascale. "Mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur... Exaltavit humiles". Le Magnificat est bien le prélude de l’Exsultet pascal. Celui qui élève les humbles est aussi Celui qui ressuscite les morts... Sa vie dans notre mort, sa force dans notre faiblesse, sa sagesse dans notre folie, sa richesse dans notre pauvreté. Tout l’Évangile est là. Au bout du compte, il nous faudra bien admettre que nous sommes riches de ce qui nous fait défaut, et notamment de ce seul trésor dont l’Apôtre affirme que nous le recevons dans des vases d’argile et qu’il ne passera jamais : l’amour de Dieu répandu en nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous est donné. Les humbles dont il est question aujourd’hui renvoient aux "ossa humiliata", aux "ossements humiliés" du Dies iræ ; et l’élévation promise à ces humbles-là culmine dans l’Assomption de la Vierge immaculée, élevée corps et âme au ciel au terme de sa vie terrestre.

Regarder Marie en son Assomption, c’est toujours mieux prendre conscience de ce à quoi nous sommes appelés, non seulement d’en prendre conscience mais aussi de croire, comme elle, en l’accomplissement de ce qui nous a été révélé. "Heureuse en effet celle qui a cru en l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur".

Rendre grâces à Dieu, c’est aussi le remercier pour les frères et les sœurs qu’il met sur notre chemin. J’ai beaucoup appris dans le diocèse qui me fut confié voici huit ans et demi, après quelques mois de coadjutorat. Monseigneur Saint-Macary, que j’eus comme voisin aux assemblées épiscopales de Lourdes pendant une douzaine d’années (nous étions placés par ordre alphabétique), me disait souvent qu’il me faudrait du temps pour découvrir ce "vaste et beau diocèse", comme il l’appelait. Il ne se trompait pas. Même si je fus aidé par les nombreuses invitations fort cordiales qui me furent faites dans les paroisses du littoral, du moyen et du haut pays, un peu partout dans nos doyennés, il aura fallu l’expérience décisive du Synode 2007-2009, puis l’enchainement des visites pastorales, pour que je prenne un peu la mesure des défis liés à l’évangélisation de notre département.

J’ai été aidé, à mon arrivée, par la mise en place déjà effectuée du regroupement des paroisses opéré par "Diocèse 2000". Ce vaste chantier, qui s’inscrivait dans la suite des intuitions post conciliaires de Monseigneur Mouisset puis de Monseigneur Saint-Macary, mobilisa une bonne partie des énergies diocésaines durant l’épiscopat de mon prédécesseur et frère, Monseigneur Bonfils, ici présent, que je remercie d’avoir répondu à mon invitation en venant concélébrer ce soir. "Diocèse 2000" prévoyait une suite. Il était dit, dans la "Charte d’évangélisation" publiée en l’an 2000, qu’au bout de cinq ans, une évaluation serait faite, afin de voir ce qu’il faudrait maintenir, encourager, poursuivre ou corriger. Lorsque je reçus la charge du diocèse, en mars 2005, le moment de l’évaluation était donc arrivé. J’ai alors donné mandat au bureau du conseil presbytéral et à celui du conseil pastoral de se mettre ensemble à l’écoute du diocèse pendant toute une année. C’est ce qui conduisit ces deux bureaux à me présenter leurs conclusions, un soir de juin 2006, tout près d’ici, dans le sanctuaire où nous sommes, dans une pièce appelée "salle des évêques". Ce soir là, ils m’ont dit : "Notre diocèse se trouve à un carrefour… La suite pourrait être de type synodal". C’est là que le mot "synode" fut prononcé pour la première fois, en articulation directe avec "Diocèse 2000". Le précédent synode diocésain avait eu lieu un siècle plus tôt, en 1906.

L’aventure n’allait pas de soi. Fallait-il la tenter ? Interrogé en janvier 2007 lors d’une session extraordinaire qui s’est tenue ici même, le conseil presbytéral répondit favorablement et le synode fut convoqué durant la messe chrismale qui suivit. Chacun se souvient de l’enthousiasme qui accompagna la célébration de cet événement exceptionnel. Le fait qu’il s’agissait d’un synode ouvert à toutes les questions formulées par le peuple de Dieu dans les Alpes maritimes conduisit à la multiplication des réunions, des forums, des assemblées, bref, de tout ce qui fait de l’Ecclesia ce qu’elle est par définition : cette portion d’humanité qui accueille la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, qui la célèbre et qui l’annonce.

Mais le véritable enjeu, bien sûr, était à venir. Il résidait dans la mise en œuvre des 80 projets synodaux. Cela fait maintenant quatre ans que notre Synode a pris fin, quatre années pour ouvrir et mener à terme bien des chantiers dont certains ont d’ailleurs vocation à ne jamais cesser car ils font intrinsèquement partie de la vie et de la mission de notre Église diocésaine :

les formations permanentes, avec notamment - mais pas uniquement - les "maisons d’Évangile" qui nous invitent à recevoir de la Parole de Dieu un chemin d’Église qui nous conduit aux sacrements et au témoignage de la foi ;

le conseil de la solidarité, avec qui nous venons de vivre "Diaconia 2013" à Lourdes ;

l’enseignement catholique, si riche d’espérance avec l’accueil des nouveaux statuts ;

la pastorale des jeunes, dynamisée par ceux qui sont impatients de semer ici les graines récoltées aux JMJ de Rio ;

"Mon âme exalte le Seigneur". Je suis reconnaissant au Saint Père d’avoir bien voulu nommer un "administrateur apostolique sede vacante" en la personne de Monseigneur Guy Thomazeau, avec qui j’eus la joie de travailler à la Conférence des évêques, car nous étions tous deux membres du Conseil pour l’unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme. Le temps nécessaire avant la nomination du prochain évêque de Nice ne mettra pas un coup d’arrêt aux travaux diocésains en cours. Bien au contraire, il sera utile pour en apprécier le processus et en soutenir la mise en œuvre, sans avoir vocation à en infléchir substantiellement le déroulement, en attendant le jour où mon successeur accomplira à son tour sa mission en pleine responsabilité, ajoutant un maillon à la longue chaine des évêques qui, depuis des siècles, se succèdent sur le siège apostolique de Nice (j’espère que vous fêterez l’an prochain le dix-septième centenaire de l’arrivée présumée du premier évêque à Nice, en 314 si j’en crois l’édition 2012 de notre annuaire diocésain).

Il est vrai que dans les Alpes maritimes - et ailleurs aussi sans doute, nous préférons les fleurs aux chaines, spécialement en cette saison où nos vallées se couvrent de lis turban, de chardons de Bérard, de génépi, de gentianes, d’arnicas et autres renoncules qui font la joie des randonneurs. Au retour des promenades, certaines essences sont tenaces, elles vous collent à la peau, elles vous rendent présents les visages et les paysages dont elles gardent l’empreinte. Pour un peu, elles vous feraient entendre la musique des criquets… J’ai hésité entre "criquet"et "cigale", à cause de la fable !... Ah, que de souvenirs ! Je les rassemble comme une gerbe que je place entre les mains virginales et maternelles de Notre-Dame de Laghet !

Au moment de vous quitter, je fais don au sanctuaire de mes mitres et de ma crosse. Tant d’évêques passent ici qu’il s’en trouvera bien un qui s’accommodera de mes mensurations, le temps d’une cérémonie. Mais rassurez-vous, je garde les objets que mes proches m’avaient été offerts pour mon ordination, et je ne perds pas au change : j’emporte aussi le chapeau et le bâton de berger dont j’avais hérité lors de ma visite pastorale à Saint-Étienne de Tinée. Ainsi, c’est un peu de vous qui m’accompagnera dans la suite du chemin. Un chemin qui s’annonce passionnant !

Ce n’est jamais sans émotion qu’un disciple de Jésus parle de passion. Malgré l’admiration que je lui porte, je n’arrive pas à m’écrier avec saint Grignion de Montfort "pas de croix, quelle croix !", sauf à commencer par cet autre cri : "Père, s’il est possible…". Saint Paul affirme que "le Christ est ressuscité d'entre les morts pour être parmi les morts le premier ressuscité". Frères et sœurs bien aimés, tel est le secret de la puissance cachée dans cette Eucharistie. L’homme ne va pas à sa perte dès lors qu’il peut parvenir à la plénitude de la vie en suivant, comme Marie de Nazareth, le chemin de l’Évangile.

Ô Vierge de l’Assomption, guide et soutiens notre espérance alors que nous sommes encore en chemin. Aide-nous à te suivre sur ce chemin d’une humanité toute habitée de Dieu. Aide-nous à recevoir du Très Haut, Lui qui "comble de biens les affamés", les forces nécessaires pour, avec toi, suivre le Christ jusqu’au bout. Ô Marie, notre Mère et notre avocate, entraîne-nous dans ton "fiat".

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Published by Paroisse saint Vincent de Paul - dans VIE DIOCESAINE
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