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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 22:00

vatican2.pngL’un des obs­tacles mis à une ré­vi­sion des choix in­ef­fi­caces ef­fec­tués il y a un de­mi-siècle ré­side dans l’éla­bo­ra­tion doc­tri­nale qui a été opé­rée au cours de cette pé­riode et qui contri­bue à brouiller la lu­ci­di­té en­vers la réa­li­té.

Du concile Va­ti­can II à au­jourd’hui, la consti­tu­tion Gau­dium et spes  a re­pré­sen­té la pierre an­gu­laire de la doc­trine so­ciale et po­li­tique de l’Eglise. Selon les termes de Jean-Paul II, elle est « la Magna Carta de la di­gni­té hu­maine ». De­puis 1965, « Gau­dium et spes trace le vi­sage d’une Église “in­ti­me­ment so­li­daire du genre hu­main et de son his­toire”, qui che­mine avec toute l’hu­ma­ni­té et qui est su­jette, avec le monde, au même sort ter­restre, tout en étant “le ferment et, pour ainsi dire, l’âme de la so­cié­té hu­maine ap­pe­lée à être re­nou­ve­lée dans le Christ et trans­for­mée en fa­mille de Dieu” ». Quant à la clé de com­pré­hen­sion de Gau­dium et spes, c’est la per­sonne :

« Tout [y] est consi­dé­ré à par­tir de la per­sonne et en di­rec­tion de la per­sonne, “seule créa­ture sur terre que Dieu a vou­lue pour elle-même”. La so­cié­té, ses struc­tures et son dé­ve­lop­pe­ment doivent être fi­na­li­sés à “l’essor de la per­sonne”. Pour la pre­mière fois, le Ma­gis­tère de l’Église, à son plus haut ni­veau, s’ex­prime de ma­nière aussi large sur les dif­fé­rents as­pects tem­po­rels de la vie chré­tienne : “On doit re­con­naître que l’at­ten­tion ap­por­tée par la Consti­tu­tion aux chan­ge­ments so­ciaux, psy­cho­lo­giques, po­li­tiques, éco­no­miques, mo­raux et re­li­gieux a sti­mu­lé tou­jours plus […] la pré­oc­cu­pa­tion pas­to­rale de l’Église pour les pro­blèmes des hommes et le dia­logue avec le monde” ».

Gau­dium et spes est l’acte ini­tial d’in­tro­duc­tion du per­son­na­lisme dans le ma­gis­tère ca­tho­lique, de sorte que la concep­tion que ce texte dé­ve­loppe au sujet de la per­sonne dé­ter­mi­ne­ra le type de re­la­tion entre l’Eglise, le monde et les hommes. L’objet du pré­sent ar­ticle est d’élu­ci­der ce point de dé­part.

Qu’est-ce que l’homme pour Gau­dium et spes ? Dans son prin­cipe, il se pré­sente comme un mys­tère, une contra­rié­té, dès lors que « tout homme de­meure à ses propres yeux une ques­tion in­so­luble qu’il per­çoit confu­sé­ment », ques­tion qui « ne s’éclaire vrai­ment que dans le mys­tère du Verbe in­car­né ». La vé­ri­té de l’homme se laisse trou­ver quand le Christ, la Vé­ri­té même, lui ré­vèle sa propre vé­ri­té : le Christ, image de Dieu le Père, ré­vèle à l’homme sa vé­ri­té d’image de Dieu. Le Christ, nou­vel Adam, « dans la ré­vé­la­tion même du mys­tère du Père et de son amour, ma­ni­feste plei­ne­ment l’homme à lui-même et lui dé­couvre la su­bli­mi­té de sa vo­ca­tion ».
C’est dans le Christ, image du Dieu in­vi­sible, que l’homme a été créé à l’image et res­sem­blance du Créa­teur ; « c’est dans le Christ, ré­demp­teur et sau­veur, que l’image di­vine, al­té­rée dans l’homme par le pre­mier péché, a été res­tau­rée dans sa beau­té ori­gi­nelle et en­no­blie de la grâce de Dieu ». De la théo­lo­gie pau­li­nienne selon la­quelle l’image par­faite de Dieu est le Christ lui-
même, il suit que l’homme doit se confor­mer à cette Image pour de­ve­nir en­fant du Père, par la puis­sance de l’Es­prit Saint. Pour de­ve­nir en­fant de Dieu, il est né­ces­saire que l’homme par­ti­cipe ac­ti­ve­ment à sa trans­for­ma­tion en se confor­mant au mo­dèle, c’est-à-dire à l’Image du Fils. Etant image de Dieu ré­vé­lée par le Verbe, l’homme ac­quiert sa di­gni­té dans la créa­tion. « La di­gni­té de la per­sonne hu­maine s’en­ra­cine dans sa créa­tion à l’image et à la res­sem­blance de Dieu ». En rai­son de cette di­gni­té per­son­nelle, pré­sente de ma­nière égale en tout homme, la per­sonne hu­maine est « la seule créa­ture sur terre que Dieu a vou­lue pour elle-même », for­mule sou­vent re­prise par Jean-Paul II, et qui se fonde sur les ca­pa­ci­tés spi­ri­tuelles d’in­tel­li­gence et de vo­lon­té, prin­ci­pa­le­ment, par le don de la li­ber­té, la vraie li­ber­té étant dans l’homme « le signe pri­vi­lé­gié de l’image di­vine ».

En consé­quence « [l’]Eglise [re­con­naît et af­firme] le ca­rac­tère cen­tral de la per­sonne hu­maine en tout do­maine et ma­ni­fes­ta­tion de la so­cia­li­té » ; « L’ac­tion so­ciale des chré­tiens doit s’ins­pi­rer du prin­cipe fon­da­men­tal de la cen­tra­li­té de l’homme », parce que la per­sonne hu­maine « est et doit être le prin­cipe, le sujet et la fin de toutes les ins­ti­tu­tions », en vertu de quoi « tout sur terre doit être or­don­né à l’homme comme à son centre et à son som­met ». Mais l’homme ne doit-il pas s’or­don­ner au Christ, et par sa mé­dia­tion, à Dieu ? C’est d’ailleurs ce qu’af­firme une autre consti­tu­tion conci­liaire, Lumen Gen­tium, en sui­vant l’en­sei­gne­ment de saint Paul (1 Cor 3, 23). Tou­jours est-il que Gau­dium et spes ne le fait pas, concen­trant la to­ta­li­té de son at­ten­tion sur la per­sonne hu­maine. Telle est la clé de l’hu­ma­nisme chré­tien, qui com­prend le chris­tia­nisme « comme un grand mou­ve­ment pour la dé­fense de la per­sonne hu­maine et la pro­tec­tion de sa di­gni­té ». La di­gni­té de la per­sonne hu­maine est la co­lonne ver­té­brale de la doc­trine so­ciale de l’Eglise, le « prin­cipe […] sur le­quel re­posent tous les autres prin­cipes et conte­nus de la doc­trine so­ciale ».

Est-il pos­sible de dou­ter que la clé de la ré­dac­tion et de la lec­ture de Gau­dium et spes soit an­thro­po­cen­trique ? Comme cela est dit dès l’in­tro­duc­tion du do­cu­ment, ce texte ne s’adresse pas aux chré­tiens mais à tous les hommes, dont les dis­ciples du Christ se sentent « so­li­daires ». En se tour­nant vers l’homme, l’Eglise d’au­jourd’hui sem­ble­rait re­joindre ainsi l’hu­ma­nisme chré­tien de la Re­nais­sance, et voler au se­cours de l’hu­ma­nisme mo­derne pour le bap­ti­ser et l’in­té­grer à son propre hé­ri­tage. Et bien qu’elle ne soit que l’ex­pres­sion d’un sou­hait, cette vo­lon­té di­rige la ren­contre de l’Eglise avec le monde et avec Dieu, se per­sua­dant que « l’homme est la fi­na­li­té du monde et que le de­voir du genre hu­main consiste dans la maî­trise de la réa­li­té mon­daine ».

La théo­lo­gie de l’imago Dei se ré­fère à la di­gni­té ob­jec­tive de la per­sonne, ap­pe­lée au salut en rai­son de sa ra­tio­na­li­té et de sa li­ber­té. Cette di­gni­té et ce salut se réa­lisent d’une ma­nière dy­na­mique dans la­quelle s’en­tre­croisent l’his­to­ri­ci­té de la vie hu­maine et la réa­li­sa­tion de sa fi­na­li­té au-de­là de l’his­toire. La di­gni­té exige un dé­ploie­ment so­cial, car « en se dé­cou­vrant aimé de Dieu, l’homme com­prend sa di­gni­té trans­cen­dante, il ap­prend à ne pas se conten­ter de soi et à ren­con­trer l’autre dans un tissu de re­la­tions tou­jours plus au­then­ti­que­ment hu­maines » ; c’est la loi de l’amour, « ca­pable de trans­for­mer de façon ra­di­cale les rap­ports que les êtres hu­mains en­tre­tiennent entre eux ». Le péché as­som­brit la di­gni­té on­to­lo­gique, mais il ne l’ef­face pas, car, bien que la rup­ture avec Dieu pro­duise un dé­chi­re­ment, l’homme de­meure imago Dei et capax Dei.

Jean Fernando Segovia

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Published by Paroisse saint Vincent de Paul - dans COMPRENDRE
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