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Le Curé

abbé Adam WIJATA

 

 

 

Prêtre auxiliaire

Abbé Eric Rebuffel

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Fin d'année 2014


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Septembre 2014

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Septembre 2014



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La Trinité


Kermesse 2015


Première Communion 2015

 

16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 18:59

vitrail St valentinAujourd'hui Berre était en fête pour honorer saint Valentin sont saint Patron historique. Cette fête était marquée par la traditionnelle offerte, la procession avec la statue du saint, la bénédiction des campagnes et une homélie réaffirmant la beauté de la chasteté conjugale. 

Savez vous ce que l’on fêtait avant l’an 495 le 15 février? Les Romains célébraient avec faste le dieu Faunus Lupercus, dans une grande fête païenne dédiée à l'amour et à la fécondité, et vous y reconnaissez ce qui a certainement donné le terme de lupanar… et qui peut vous donner une idée de ce qui s’y passait!

Voilà pourquoi saint Valentin a pris tant d’importance, parce que le pape Gélase a voulu faire disparaitre ces orgies, au profit d’un culte plus sain SAIN et SAINT, par la biais de ce bon martyr que l’on fêtait déjà la veille, le 14 février.

Ce changement a permis de passer d’une conception très sexualisée de l’amour humain, à une conception plus profonde qui trouve sa source dans l’amour même de Dieu. Et nous avons besoin encore aujourd’hui de vivre ce changement opéré par le pape il y a quinze siècle, parce que la tentation est bien grande de revenir à cette forme atrophiée de l’amour ; de voir dans l’amour humain la simple et furtive satisfaction d’un plaisir charnel.

Lorsque l’autre jour j’étais chez ma kiné, nous parlions de vocation, de la vie de prêtre, etc, et elle en était venue à dire que cela ne devait pas être facile de vivre la chasteté. Et je lui ai répondu : “Rassurez vous, c’est aussi difficile que vous dans votre couple.” Un long silence a suivi et puis une cette réponse, “c’est vrai, vous avez raison.” Et oui, des époux doivent être chastes, je n’ai pas dit continents mais j'ai bien dit chastes.  

 

La chasteté, c’est ce qui permet à notre amour d’être vraiment à l’image de celui que Dieu offre selon cette formule de Saint Paul : “Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Eglise”

 

Lorsque Jésus donne sa vie pour l’Eglise, il n’attends rien d’elle en retour ; il ne pose pas de conditions ; il n’impose rien ; il le fait avec fidélité ; il ne lui offre pas quelque chose mais il lui donne sa propre vie.

 

Vivre chastement, c’est renoncer à désir l’autre pour ce qu’il va me donner. Vivre chastement, c’est renoncer à vouloir posséder l’autre pour soi-même, Vivre chastement, c’est n’avoir qu’une seule chose en tête que se donner gratuitement et entièrement à l’autre.

 

Si vous voulez comprendre ce qu’est véritablement la chasteté, n’imaginez que mes propos ressemblent à de la pudibonderie, mais regardez le modèle de l’amour humain : celui que Dieu nous porte et fondez toute votre vie, votre relation conjugale, votre sexualité sur ce modèle suprême de l’amour.

 

Voici le modèle que les époux doivent rechercher à suivre, non pas les modèles que la société du zapping nous inculquent, non pas les modèles publicitaires qui incitent à l’infidélité et à la débauche, non pas non plus les modèles idéologiques qui détournent la réalité de l’amour humain, mais bien le modèle que le Christ nous offre et qu'il rappelle dans l'Evangile que nous avons entendu : "il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis." (cf Jn).

 

L’amour humain, cet amour qui fait notre ressemblance à Dieu, il n’est pas fondé sur la seule affectivité et attirance physique ; il n’est pas fondé non plus sur la recherche de plaisir mais au contraire, il est recherche du bonheur de l’autre, il est recherche du don parfait de soi-même à l’autre.

 

Alors, entendez à nouveau la prière de Tobie au moment de son mariage : “Si j’épouse cette fille, ce n’est pas pour satisfaire mes passions, mais par désir de fonder une famille.” Et Tobie ajoute plus loin une phrase que nous n’avons pas entendue : “Ecoutez moi et je vous apprendrai quels sont ceux sur qui le démon peut prévaloir : ce sont ceux qui entrent dans le mariage en banissant Dieu de leur coeur et de leur pensée.”

 

Comment imaginer vivre l’amour vrai sans Dieu? Comment dire je t’aime, sans savoir d’où vient cet amour, sans reconnaître qu'il vient de Dieu? L’amour vrai, c’est en regardant Dieu vivre avec nous que nous le découvrons.

 La fête de saint Valentin est une belle occasion pour sonder notre amour, pour discerner si notre amour est chaste ou bien marqué par l’égoïsme, l’orgueil, la suffisance, le manque de modestie, le reproche, l'absence de pardon... Profitons donc de cette fête pour chercher la manière la plus juste d’exprimer à notre bien-aimé(e) que nous lui offrons chaque jour toute notre vie, gratuitement et par un amour désintéressé.

Et pour cela pourquoi ne pas reprendre le psaume 88 que nous avons chanté? Si notre amour est vraiment à l’image de celui que Dieu nous porte, alors il doit nous être possible de remplacer "Seigneur" par le nom de notre bien aimé(e)... Faites l'essai...

 

L'amour du Seigneur, sans fin je le chante ;

ta fidélité, je l'annonce d'âge en âge.

Je le dis : C'est un amour bâti pour toujours ;

ta fidélité est plus stable que les cieux.

 

Que les cieux rendent grâce pour ta merveille, Seigneur,

et l'assemblée des saints, pour ta fidélité.

Seigneur, Dieu de l'univers, qui est comme toi,

Seigneur puissant que ta fidélité environne ?

 

« Jamais je ne violerai mon alliance,

ne changerai un mot de mes paroles.

je l'ai juré une fois sur ma sainteté ;

non, je ne mentirai pas à David !

 

Puisse saint Valentin intercéder pour ce village, afin que le Seigneur accorde à tous ses habitants, à tous ceux qui viendront ici pour se reposer ou pour découvrir ce village, de vivre le véritable amour, un amour chaste et respectueux qui soit à l’image du don d’amour du Christ pour son Eglise. Amen. 

abbé L.D.

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 11:01

enfant_jesus.jpgChers amis, il y a nombre de tradition autour de la crèche, mais il y en a une qui est très stimulante pour les enfants et souvent même pour les parents…

Il sagit c’est d’avoir chacun un mouton ou un chameau, mais le mouton a tout de même un air plus provençal..., qu’au fil des jours on avance pour qu’il arrive devant la crèche au jour de Noël. Certains enfants aiment faire des détours, d’autres préfèrent arriver des le début de l’Avent auprès de la mangeoire et réserver une place au première loge. Donc ce soir, j’espère que, quelque soit votre stratégie, tous vos moutons sont à l’entrée de la crèche !

Mais que font-il maintenant qu’ils sont bien placés? ils paissent paisiblement? ils dorment? ils discutent en bêlant entre eux?

Non, ils contemplent l’enfant Jésus ; ils admirent ce petit enfant couché dans la paille et réchauffé par l’haleine chaleureuse du boeuf et de l’âne ; ils sont émerveillés par toute la grâce qui se dégage de cet enfant.


Mais nous, allons nous rester à contempler la crèche ? allons-nous rester comme les moutons de la crèche à simplement regarder? Allons-nous demeurer devant cette crèche comme si nous étions autour du couffin d’un enfant qui vient de naitre et que tout le monde admire en disant : oh quil est mignon, boudiou boudiou, il a le regard de son Père, oh il m’a souri... Bref, tout le monde connaît cette situation


Mais si vous vous souvenez comment cela se passe autour d’un berceau, vous vous rappelez certainement que tout le monde n’a qu’une seule envie : prendre l’enfant dans ses bras ; le serrer contre soi ; lui faire de petits baisers sur son petit front tout chaud et chercher son regard dans ces yeux qui brillent... N’est ce pas?


Regardez bien l’enfant que nous avons déposé tout à l’heure : il ouvre grand ses bras, et regardez aussi Jésus 30 ans après sur cette croix : il ouvre encore grand ses bras. Toute sa vie, Jésus a étendu les bras pour que nous le prenions et le serrions dans les nôtres. 
Voici pourquoi il est venu, pour que nous venions à lui.


Ayez à l’esprit l’image du Père de famille qui revient après une longue absence et qui s’accroupit en ouvrant les bras pour saisir ces enfants qui viennent en courant vers lui. Cest ce qui se passe dans cette nuit de Noël, après une longue attente, le voici qui tend ses bras pour que nous venions à Lui.

Aujourd’hui, cet enfant nous le demande :

Prends-moi dans tes bras, serre moi contre toi,

entends mon coeur qui bat pour toi,

entends mon coeur qui t’aime.

Alors ne restons pas comme les moutons au dessus ce cette mangeoire où il est couché : prenons-le, étreignons cet enfant qui a soif de notre amour et soyons dans la joie d’une si belle rencontre.

Tous les pédiatres vous diront qu’un nouveau né qui ne sent pas le contact d’une personne, la chaleur humaine, le battement du cœur dépérit. Et bien paradoxalement, aujourd'hui, si nous ne prenons pas Jésus avec nous, ce n’est pas lui qui va dépérir, mais c’est nous. Nous avons besoin de sentir son coeur qui bat pour nous.

 

Lorsque vous allez en boite de nuit, la musique est très rythmée et puissante au point qu'à la fin de la soirée, votre coeur finit par battre au rythme de la musique. Voici ce que nous devons vivre avec Jésus : que notre coeur batte au rythme du sien. 

Parce que la vie, la joie, la paix, la tendresse, la justice, la grâce, l’amour, tout ce que l’on peut souhaiter de beau et de bon, vient de cet enfant, du battement de son coeur.


Alors n’ayez pas peur de prendre chez vous cet enfant qui vous tend les bras ; n’ayez pas peur de laisser votre coeur battre à son rythme, n’ayez pas peur de vivre tous les jours avec lui.

Comme le rappelait notre Pape émérite Benoit XVI à tout ceux qui ont peur de vivre au rythme du Christ : Il n’enlève rien, Il donne tout! Amen.

 

Abbé Luc Denoyer

 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 23:28

lavement-des-pieds.jpgLorsque l’on se prépare à vivre Pâques, on pense bien sûr qu’il faut préparer son cœur et son âme, on sort de beaux vêtements pour célébrer le jour de la résurrection, on prépare avec attention le gigot d’agneau et les autres mets savoureux, mais pense t’on à ses pieds… ? 

Si le Seigneur lave les pieds de ses disciples avant de célébrer avec eux la Pâque, c’est qu’ils ont toute leur importance. Il serait bien triste de croire que le geste de Jésus et l’ordre qu’il donne, sont justes une invitation à s’occuper des pauvres, à s’abaisser pour servir son prochain. Il faut bien sûr le voir dans ce sens là, mais pas seulement.

Pourquoi les pieds ? 

Si l’on s’en réfère à la définition du Larousse, le pied est la « partie terminale du membre inférieur, articulée avec la jambe, permettant l'appui au sol dans la station debout et la marche.” Les pieds, nous permettent de nous tenir debout, et l’homme debout, c’est l’homme vivant, et l’homme vivant c’est la gloire de Dieu, dit saint Irenée. Les pieds, nous permettent aussi d’avancer, et l’homme qui n’avance plus, que ce soit physiquement ou intérieurement est comme mort. 

Vie et mouvement, voilà de quoi les pieds sont le signe. 

Jésus lave les pieds de ses disciples non parce qu’ils sont sales même si cela devait être le cas en se baladant en sandales… Non, il les lave parce que les pieds participent de notre vie avec Dieu, parce que lorsque nous perdons pieds, nous succombons, comme dit le psaume (cf. Ps 26, 2). Nos pieds sont là pour élever nos regards. Ma petite expérience de vie en fauteuil roulant m’a fait découvrir la souffrance qu’il y a, d’une part à ne pas pouvoir se tenir sur ses pieds, mais surtout, de n’avoir aucun horizon, ne pouvoir porter son regard au loin. Couchés ou assis, nous n’avons pas d’horizons, debout nous voyons plus loin, nous pouvons guetter la lumière du soleil levant, nous pouvons guetter le retour du Christ dans sa gloire. 

Les pieds constituent la base sur laquelle on s’appuie pour s’élever. C’est ce que dit encore une fois le psaume :« Siège à ma droite et je ferai des tes ennemis le marche pieds de ton trône. » (cf. Ps 109)

Curieusement, le pied est l’unité que l’on utilise encore en aéronautique pour mesurer l’altitude. Par les pieds, nous sommes en contact avec la terre et notre tête, elle, se rapproche du ciel, de notre patrie éternelle, de Dieu.

Aujourd’hui, Pierre refuse que le Christ lui lave les pieds. C’est le même Pierre qui refusera l’honneur, au jour de son martyre, d’être crucifié comme son Sauveur et demandera à être crucifié la tête en bas et donc les pieds en haut. Pierre comprendra à mesure qu’il entrera dans la passion, combien le Christ avait raison en lui disant qu’il ne pouvait comprendre maintenant ce qu’il faisait. Jésus n’a pas lavé les pieds de ses disciples comme il aurait pu leur laver les mains. Le Christ a voulu mettre à l’honneur les pieds de ses disciples : Pieds par lesquels Pierre tenta en vain de marcher sur les eaux pour aller à la rencontre du Christ ; Pieds par lesquels les disciples se dispersèrent après la passion ; Pieds avec lesquels ils se rassemblèrent à l’annonce de la résurrection et enfin pieds par lesquels ils parcoururent le monde pour annoncer la merveille de notre salut.

Aujourd’hui, le Christ nous enjoint de laver les pieds de nos semblables, pour nous apprendre à nous faire serviteur des autres, pour imiter le Seigneur qui se fait serviteur, mais surtout pour inviter nos frères à se mettre debout et à avancer.

 C’est ce que disait le pape François lors de sa toute première homélie :

« notre vie est une marche et quand nous nous arrêtons, cela ne va plus. Marcher toujours, en présence du Seigneur, à la lumière du Seigneur, cherchant à vivre avec cette irréprochabilité que Dieu demandait à Abraham, dans sa promesse. »

Les pieds nous permettent d’avancer. Avancer mais pour aller où ? Des pieds pour fuir lorsque nous sommes insultés à cause du Seigneur ? Des pieds pour fuir lorsque l’on nous reconnaît comme des disciples du Seigneur ? Des pieds pour fuir lorsque notre foi est dure à assumer ?

Non, des pieds pour partager notre joie, comme Marie qui court annoncer à sa cousine qu’elle va enfanter le Fils de Dieu ; des pieds  pour nous remettre en route après que le Seigneur nous accorde son pardon comme pour la femme adultère : « va et ne pèche plus ! » ; des pieds pour marcher, comme ses femmes qui reviennent du tombeau en hâte le jour de Pâques pour annoncer que le Christ est vivant ! Nos pieds sont là pour nous faire avancer, pour marcher avec le Seigneur et vers le Seigneur. 

Dans chaque messe, vous expérimentez cela lorsque vous vous approchez de l’autel pour recevoir le corps de notre Seigneur. Ce n’est pas parce que le prêtre est fainéant qu’il reste devant l’autel, mais parce que le Christ à fait le premier pas, il a pris notre humanité, il est descendu du ciel pour prendre notre condition. Maintenant, c’est à vous d’aller vers lui, pour avancer avec lui. 

Rappelons nous toujours qu’en ce jour Jésus met nos pieds à l’honneur,

Parce qu’ils élèvent nos regards vers Dieu et qu’il nous y conduisent. Amen.

AB Luc

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 08:25

pardon.jpgRappelez-vous l’évangile de dimanche dernier. Il nous offrait la parabole de la miséricorde et du pardon. Elle se prolonge aujourd’hui, se précise et s’amplifie à trois voix : celles d’Isaïe, de Paul et de Jean. Ne songez plus au passé, dit le prophète. Je fais un monde nouveau. D’ailleurs, regardez, il germe déjà. Parole du Seigneur. Et Paul enchaîne : Le passé, c’est le passé, « J’oublie ce qui est en arrière et je cours vers l’avant ».
Avec l’Evangile de Jean, nous sommes confrontés à un fait divers très médiatique, comme s’il était filmé en pleine rue, et comme on peut encore le voir à travers des faits divers contemporains : Des femmes tondues de force pour s’être converties à une autre religion, d’autres exécutées d’une balle dans la tête pour avoir eu un enfant hors mariage, ou même d’autres encore, pour un motif similaire, enterrées jusqu’au cou et lapidées.
L’Evangile, lui, nous montre, d’un côté, des hommes, fanatisés par des principes, qui en appellent aux méthodes radicales pour faire régner ce qu’ils estiment être « l’ordre », « la justice » et « la pureté des mœurs ». En face, un jeune prophète, qui prendra le contre-pied de la rigueur agressive et aveugle de ceux qui se croient des « justes ». Entre les deux, une présumée coupable, ou une victime, dont le complice ou le responsable a réussi à prendre la fuite pour échapper à la lapidation.
Les accusateurs s’appuient sur des lois, coutumes et traditions très anciennes, archaïques, qui ont été sacralisées et divinisées jusque dans les moindres détails. D’où, cette morale d’interdits rigides et sans nuances.

Jésus ne vient pas pour autant contredire la grande Loi originelle de Moïse, et encore moins l’abolir. Au contraire. Il vient en fait l’accomplir à la perfection, mais en montrant comment il faut la comprendre et l’accomplir, car elle est fondamentalement une loi d’Alliance et une loi d’Amour. En précisant que la loi est faite pour l’homme et non l’homme pour la loi. Comme Paul l’écrira plus tard : « Nous servons sous le signe nouveau de l’Esprit et non plus sous le régime périmé de la lettre » (Rm 7, 6). Jésus dénonce ainsi l’intransigeance de ceux qui se prétendent être des « justes ». Des modèles !, parfaitement soumis et obéissants à la loi. Or, précisément, il ne suffit pas d’obéir. Pour Jésus, ce n’est pas l’amour de la loi qui sauve, mais bien la loi de l’Amour. Et si la faute mérite jugement, il ne peut être décrété par un cœur dur. Ni uniquement et scrupuleusement en fonction de coutumes et traditions, dont certaines sont vraiment barbares, et donc périmées. Comme il le dira un jour : « Je ne suis pas venu pour condamner, mais pour sauver. Vous, au contraire, qui prétendez être des justes, vous jugez de façon purement humaine » (Jn 8, 15).

Cet épisode illustre bien deux types de « justice » qui s’opposent : celui de la lettre et celui de l’esprit. D’un côté, la Loi bétonnée et pétrifiée, aveugle et impitoyable. Un jugement sans appel. De l’autre, la loi de la Bonne Nouvelle du pardon et celle des Béatitudes. Un jugement, oui, mais un jugement de la miséricorde.

Dans le cas présent, il y a, certes, faute et flagrant délit. Mais les accusateurs, qui ne sont pas sans péché, sont pris eux aussi en flagrant délit d’hypocrisie et de mauvaise foi. Non seulement, ils humilient publiquement une femme sans la moindre pitié, mais ils le font moins par « respect de la Loi » que pour tendre un piège à ce jeune prophète, contestataire et novateur, qui les dérange. Ce qu’ils veulent, c’est l’éliminer. De plus, ils sont eux-mêmes des adultères. Si pas selon la chair, certainement selon l’esprit. Puisqu’en refusant la miséricorde, ils trompent le Dieu de miséricorde.
Evidemment, le danger existe toujours de prêcher une foi et une morale de facilité. Cependant, le danger est plus grand encore de faire de la religion un christianisme sans évangile. Autrement dit : d’être plus préoccupé d’exiger que d’écouter, de juger que d’accueillir, de dénoncer, plutôt que d’annoncer LA Bonne Nouvelle.

Remarquez que le Maître ne condamne pas. Il garde sa confiance envers l’accusée. Il lui laisse toutes ses chances de conversion. Il ne dit pas pour autant : Va et vis ta vie comme tu l’entends. Mais bien : « Va et ne pèche plus ». Jésus est un guérisseur d’âme et un avocat spirituel. Maintenant, c’est à elle de prendre l’affaire en main, d’assumer ses responsabilités et de bâtir son avenir. Elle peut à nouveau regarder en avant, sans ressasser ni ruminer ses erreurs et fautes passées. Sans broyer du noir.
Ainsi, ce matin, Jésus nous invite tous à prendre le chemin de la conversion et de l’espérance. Que nous soyons ici physiquement ou, plus largement encore, en esprit, à la maison, à l’hôpital ou en voiture, nous sommes là avec nos faiblesses et nos fautes. Et, peut-être même avec nos violences intérieures et nos pierres de lapidation. Mais le Christ nous invite à déposer tous nos cailloux.

Nous avons pris place à la table de la Parole qui sauve, une Parole de miséricorde. Et nous allons rompre le Pain, Corps du Christ, qui nous invite au partage, pour changer nos cœurs de pierre en cœurs de chair, non pas au nom d’une loi qui tue, mais d’une loi qui sauve.

P. Fabien Deleclos, franciscain

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 08:32

transfiguration-trabor2.jpg« Jésus prend avec lui Pierre, Jean et Jacques » (Lc 9, 28). Jésus n’emmène pas avec lui tous les disciples, mais uniquement Pierre, Jean et Jacques. Il en choisit trois, comme lors de la résurrection de la fille de Jaïre (Lc 8, 51), ou lors de la prière au jardin de Gethsémani (Mc 14, 33). Par ce choix de quelques disciples, Jésus attire notre attention et nous prévient que quelque chose d’important va se passer.

Après les avoir choisis, Jésus monte avec eux sur la montagne pour prier. Il les rend témoins de son extraordinaire relation à son Père. Il leur donne de contempler sa relation filiale à son Père. Et voilà que sous leurs yeux : « son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d’une blancheur éclatante » (Lc 9, 29). Par sa relation au Père, Jésus révèle et manifeste aux disciples son être profond. C’est bien Jésus qu’il contemple, mais en cet instant unique transparaît dans son humanité tout l’éclat de sa divinité. La théophanie qui s’accomplit sur le mont Thabor manifeste aux yeux des disciples, ce que le Concile de Chalcédoine affirmera solennellement : “Jésus est vrai Dieu et vrai Homme” ! Il est l’unique médiateur.

« Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie » (Lc 9, 30). Moïse et Élie, deux hommes célèbres dans la Première Alliance. Moïse est celui qui a fait sortir le Peuple Élu de l’esclavage d’Égypte. C’est à lui que Dieu a donné les tables de la Loi. Il est vénéré comme l’auteur de la Torah, de la Loi que Dieu donne à son Peuple pour qu’il vive. Élie est le prophète qui « se tient devant le Dieu vivant » (cf. I R 17, 1). Sur le mont Carmel, il fait sortir le Peuple Élu de l’esclavage des idoles et des faux dieux. Il est le symbole de ceux qui sont saisis par l’Esprit de Dieu et qui parlent en son nom.

Tout deux, comme Jésus, ont vécu un jeûne de quarante jours (cf. Ex 24, 18 ; I R 19, 8 ; Lc 4, 2). Moïse et Élie sont les deux seuls personnages de la Première Alliance qui ont vu Dieu. Moïse l’a vu de dos (cf. Ex 33, 18-23), Élie le rencontre dans une brise légère et se couvre le visage sur le mont Horeb (cf. 1 R 19, 12-13). À la Transfiguration, Moïse et Élie parlent avec Jésus, ils contemplent le Fils de Dieu qui unit en son humanité leurs deux figures.

Matthieu nous présente Jésus comme le nouveau Moïse ; d’autres textes du Nouveau Testament le présente comme le nouvel Élie. Il unit en son être la Loi et les Prophètes, lui qui est la Parole faite chair. Il unit la dimension institutionnelle représentée par Moïse et la dimension charismatique symbolisée par le prophète Élie. Tous deux s’entretiennent avec Jésus de sa mission salvatrice qui allait s’accomplir à Jérusalem.

Le témoignage de deux personnes suffit dans la Première Alliance pour qu’une chose soit attestée. Mais ici, à la Transfiguration, au témoignage de Moïse et d’Élie va s’ajouter le témoignage du Père. « De la nuée, une voix se fit entendre : “Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le” » (Lc 9, 35).

Au baptême, la voix du Père s’était déjà fait entendre, mais ici, la voix ajoute une parole : « écoutez-le ». Notre Père saint Jean de la Croix a médité sur ce passage d’évangile et il nous donne cet avis spirituel : « Le Père dit une parole, qui est son Fils, et il la dit toujours dans un éternel silence, et c’est dans le silence que l’âme l’entend » (Parole de Lumière et d’Amour, 98) Il écrit dans un autre traité : « Puisque j’ai dit toutes choses dans ma Parole qui est mon Fils, il ne reste plus rien à te répondre ni à te révéler » (II MC 22, 4).

Alors ce matin, frères et sœurs, interrogeons-nous : sommes-nous de ceux et de celles qui écoutent la voix de Jésus ? Avant de prendre des décisions, prenons-nous le temps de l’écouter vraiment ? Quelle place concrète tient l’écoute de la Parole de Dieu dans notre quotidien ?

« Quand la voix eut retenti, on ne vit plus que Jésus seul » (Lc 9, 36). Face au chemin qu’il doit prendre vers Jérusalem, face à sa mission, face à sa Passion, Jésus est seul. La solitude qui fait si peur à nos contemporains est pourtant une condition nécessaire de notre accomplissement humain. Quelqu’un qui ne sait pas être seul, ne saura pas non plus être en société. Car les autres seront là pour combler ses manques, pour répondre à ses besoins et à ses désirs. La solitude – qu’il ne faut pas confondre avec l’isolement – est nécessaire à l’être humain pour qu’il puisse vivre ensuite dans une véritable communion avec les autres qui évite le double écueil de la fusion et de l’indifférence.

Cet épisode évangélique de la Transfiguration est porteur d’une révélation sur l’être de Jésus, vrai Dieu et vrai homme qui vient accomplir toutes les Écritures.

Mais ce texte est aussi porteur de révélation pour nous. C’est dans la prière que Jésus est transfiguré. Ce qui s’accomplit pour lui, s’accomplit aussi pour nous. Lorsque nous prions, nous sommes – d’une certaine manière – transfigurés, car nous advenons alors à notre véritable identité ; celle que nous a conféré le baptême : fils et fille de Dieu.

Trop souvent, nous nous définissons par ce que nous faisons, par nos actions diverses et variées. Lorsque nous prions, nous débrayons du faire pour “être” ; plus exactement nous nous mettons sous le regard de notre Dieu pour qu’il œuvre en nous, pour qu’il nous modèle à son image et à sa ressemblance. La prière est le lieu où advient notre véritable identité et le lieu où nous recevons nous aussi notre mission pour collaborer à la mission unique du Fils.

Nous sommes invités à savoir nous tenir en solitude pour vivre une véritable communion avec les autres dans le respect de ce qu’ils sont. Un jésuite, Michel Rondet, définit ainsi l’attitude de chasteté : « La chasteté, c’est ce sentiment qui accueille l’autre dans sa différence comme un don, comme une grâce, et que l’on reçoit sans prétendre ni le posséder, ni l’asservir ».

Que le Seigneur nous fasse la grâce de le contempler durant ce temps de carême. Qu’il nous donne de savoir nous tenir en solitude et en silence pour pouvoir l’écouter vraiment. Alors il pourra nous envoyer près de nos frères en humanité et « par son nom dans notre regard, il se fera connaître ».

Amen.

Fr. Didier-Marie Golay, ocd

http://www.carmel.asso.fr/Homelie-d-Avon-2e-Dimanche-de-Careme.html

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 13:55

Jesus-de-Nazareth.jpgAprès un passage chez St Matthieu (l’Epiphanie avec les mages) puis chez St Jean (le signe de Cana), nous plongeons dans l’évangile de LUC que nous suivrons toute cette année. Nous écoutons d’abord le prologue de l’œuvre : en quelques lignes, Luc expose les raisons qui l’ont poussé à écrire, sa méthode et le but qu’il poursuit. Texte très important mais la place manque ici pour le commentaire car la scène racontée ensuite, répartie sur 2 dimanches, doit recueillir toute notre attention : elle a une importance fondamentale. Pour la 1ère fois, Jésus s’explique sur lui-même et sur sa mission.

UN DISCOURS PROGRAMME  

Quelque temps auparavant, Jésus, charpentier à Nazareth, était parti pour écouter le prophète Jean et recevoir le baptême donné dans les eaux du Jourdain. Il avait vécu ce rite de toute son âme : "il priait" dit Luc. Or, à ce moment précis, il a fait une expérience singulière : l’Esprit de Dieu est descendu sur lui tandis qu’il entendait la voix de Dieu : "Tu es mon Fils bien-aimé : aujourd’hui je t’engendre". Bouleversé, Jésus s’est enfui dans le désert pour méditer cet appel : comment y répondre ? C’est alors que Jean a été arrêté et jeté en prison. Aussitôt Jésus a commencé sa mission itinérante, remontant vers la Galilée tout en prêchant et en accomplissant certaines guérisons. Et c’est ainsi qu’il revient un jour dans son village. Jésus vint à Nazareth où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,  annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’il verront la lumière,  apporter aux opprimés la libération,  annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur." Jésus a-t-il lu le passage prescrit par la liturgie de ce jour ou a-t-il délibérément choisi ce texte ? Toujours est-il qu’il s’y reconnaît, il se l’approprie et y voit décrit son programme d’action.   Il s’agit du début du chapitre 62 du rouleau attribué à Isaïe. Dans cette dernière partie (chap.56-66), due à un disciple appelé "le 3ème Isaïe", l’auteur fait parler un inconnu qui se présente et détaille sa mission. De qui s’agit-il ? Qui donc est ce " MOI " ?......   Jésus lève l’énigme, il annonce péremptoirement à l’assemblée que cette prophétie le désigne : C’est moi qui suis cet envoyé de Dieu. Lors de mon baptême, sans que personne ne s’en aperçoive, Dieu m’a adressé la Parole d’investiture royale telle que la rapportait le psaume 2 : ("Tu es mon Fils..."). Et l’Esprit de Dieu (c’est-à-dire la RUAH, le Souffle, l’Energie de Dieu) ne m’a pas seulement donné un élan passager comme aux prophètes de jadis mais il est demeuré sur moi. Désormais il m’habite, j’en suis comblé. Consacré par l’onction de cet Esprit : je suis donc (en hébreu) MESSIAH, (en grec) CHRISTOS, (en français) MESSIE ou CHRIST. Jésus ne serait-il devenu "Christ" qu’à son baptême ? Non : St Luc a pris soin de raconter l’Annonciation où il a précisé que Jésus, dès le sein maternel, était né de l’Esprit. Originellement il est, par l’Esprit-Saint, Fils de Dieu. Son baptême marque le moment où, après ses années de formation, son Père lui confère, par l’Esprit, son investiture : à partir de là, il peut et doit entreprendre sa mission. Laquelle ? Il sera "le messie", l’OINT à la manière dont l’annonçait le rouleau prophétique. C’est la suite de l’Evangile qui nous montrera comment Jésus comprenait ce programme. Il sera le héraut des pauvres, il proclamera "Bienheureux les pauvres...". Toutefois il ne lancera pas des coups de main contre les prisons et même il n’interviendra pas pour en faire sortir Jean-Baptiste. Il guérira quelques aveugles mais pas tous. Il viendra "libérer" mais sans jamais combattre par la violence pour rendre l’indépendance à sa nation. Il ne correspondra pas à l’image apocalyptique tracée par Jean-Baptiste qui annonçait : "Il vient celui qui est plus fort que moi...Il a sa pelle à vanner pour nettoyer son aire...et il brûlera la balle au feu qui ne s’éteint pas" (3, 17). Il ne déclenchera pas la fin du monde ni ne rendra à tous santé et prospérité. Mais il fera tout pour faire sortir les hommes de l’emprisonnement du péché, libérer de l’aveuglement dû à l’égoïsme, à l’orgueil, à l’ambition, à l’avarice... Mais alors que le texte d’Isaïe poursuivait : "...et annoncer une année de vengeance de Dieu", Jésus y substitue : "Annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur". Toutes les 7ème et 50ème années étaient des années de "jubilé" : on devait laisser reposer la terre et libérer les esclaves (cf. Lévitique 25). Ainsi Jésus proclame qu’il vient en effet ouvrir un temps de grâce où Dieu va déployer les trésors de sa Miséricorde.

LE TYPE MÊME DE L’HOMELIE  

Jésus referme le livre, le rend au servant et s’assied. Tous, dans la synagogue, ont les yeux fixés sur lui. Alors il se met à leur dire : "Cette Parole de l’Ecriture que vous venez d’entendre, c’est AUJOURD’HUI qu’elle s’accomplit". Imaginez la stupeur de l’assemblée : non seulement Jésus s’identifie à ce "messie" d’Isaïe mais il affirme que l’heure est venue d’appliquer ce programme. AUJOURD’HUI : tout de suite - le mot scande tout l’évangile de Luc. La Parole de Dieu n’est ni enfermée dans le passé ni projetée dans un avenir indécis : elle est à vivre séance tenante. Aujourd’hui devient un "présent de Dieu" Jésus fait exactement ce que l’on appelle une HOMELIE : lire un passage d’Ecriture et proclamer la Bonne Nouvelle de son actualité. Il ne s’agit pas de faire un commentaire savant d’un vieux grimoire, ni un cours de théologie ou de morale, ni de réconforter un auditoire amorphe par des promesses d’un bonheur futur, mais d’assurer avec force que ce que Dieu a dit, il le fait. Et sur le champ. Lorsque le MESSIE de Dieu, Jésus, est là, les Ecritures s’accomplissent. Pour et avec ceux qui écoutent. Car Jésus ne cherche pas des spectateurs de son action : il veut que "ceux qui écoutent" soient "ceux qui font" avec lui. Page à méditer par les prédicateurs. Et par toute communauté chrétienne : acceptons-nous ce programme de Jésus ? Est-ce qu’il trace les lignes de force de notre activité ? Il est vain de regretter le "bon temps de jadis" ou de nous rasséréner en escomptant des "temps meilleurs". AUJOURD’HUI les paroles de Jésus retentissent. AUJOURD’HUI son œuvre de libération de l’homme s’accomplit.  

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 13:06

presentation_249_avent.jpgLe passage du livre des Nombres de la première lecture de ce jour nous présente peut-être la plus belle prière de l’Ancien Testament et le plus beau souhait que l’on puisse adresser à quelqu’un : « Que le Seigneur te bénisse et te garde… Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! » C’est de cette manière que les prêtres israélites invoquaient les bénédictions du Seigneur sur le peuple d’Israël.
Le Psaume 67, hymne pour les récoltes, est une adaptation de cette prière sacerdotale du livre des Nombres, à la différence près que la bénédiction y est appelée non plus seulement sur le peuple d’Israël mais sur toutes les « nations ». Nous touchons ici le cœur de la mission du peuple de Dieu : être signe pour tous les peuples de la bonté de Dieu afin que ceux-ci voyant sa bonté envers Israël se tournent vers lui pour l’adorer : « Que la terre tout entière l’adore ! »
Cette bénédiction du Seigneur invoquée sur toutes les nations, le Père lui-même l’a donnée de la façon la plus haute en envoyant son Fils prendre chair de notre chair : "Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme" (Cf. 2ème lecture).
C’est ici qu’intervient le personnage de Marie que nous fêtons aujourd’hui comme « Mère de Dieu ». Saint Paul nous la présente comme la « femme » à travers laquelle le Fils de Dieu et entré dans le monde. Marie de Nazareth est la Theotokos, la Mère de Dieu, Celle qui, comme nous le rappelle l’Antienne d’entrée de la messe, a « donné le jour au Roi qui gouverne le ciel et la terre pour les siècles des siècles ». Pour reprendre une expression de saint Bernard, elle est « l’aqueduc de la grâce », le canal par lequel le Père a donné sa bénédiction au monde.
Le Fils incarné est pour nous bénédiction du Père parce qu’en lui nous sommes réconciliés avec le Père. Par son Verbe fait chair et dans le souffle de l’Esprit, le Père fait de nous ses fils adoptifs appelés à partager sa vie divine dont nous devenons héritiers : « Et voici la preuve que vous êtes des fils : envoyé de Dieu, l’Esprit de son Fils est dans nos cœurs, et il crie vers le Père en l’appelant « Abba ! » Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils, et comme fils, tu es héritier par la grâce de Dieu » (Cf. 2ème lecture).
Au début de cette nouvelle année nous nous mettons docilement à l’école de Marie pour apprendre d'Elle, la Mère sainte, à accueillir dans la foi et dans la prière ce mystère de notre salut que Dieu ne cesse de donner à ceux qui ont confiance dans son amour miséricordieux. Marie, nous dit l’évangile, « retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur ».
Il ne fait aucun doute que cette attitude de Marie, devant son Fils nouveau-né et ce qu’elle entendait dire de lui, a du grandement contribuer à ce que les bergers entrent dans l’accueil du mystère qui se présentait à leurs yeux. En effet, ils ont entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé, nous rapporte l’évangile. Ils ont entendu et vu un enfant. Reconnaître en cela ce que les anges leur avaient annoncé signifie qu’ils étaient entrés dans un regard et une écoute de l’ordre de la foi.
Apprenons de Marie à reconnaître le Verbe de Dieu fait chair en regardant l’Eucharistie et en écoutant sa Parole.
En devenant ainsi des adorateurs de l’Eucharistie et des auditeurs de la Parole de Dieu, nous pourrons discerner la bénédiction de Dieu pour nous au travers des événements qui constituent la trame de notre vie. Quel beau programme pour cette nouvelle année : retenir et méditer tous les événements de notre quotidien à la lumière de l’Eucharistie et de la Parole divine pour y découvrir la présence vivante et vivifiante du Seigneur.
« Seigneur, tout au long de cette année, nous voulons prendre le temps de nous approcher chaque jour comme les bergers, de la mangeoire où nous pourrons nous rassasier du Pain de ton Eucharistie et du Pain de ta Parole divine. Alors, nous pourrons repartir nous aussi en te glorifiant et en te louant pour tout ce que nous aurons entendu et vu au cours de ces rencontres avec toi. »

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 14:47

Maratta_Jean_Baptiste.jpgNous connaissons tous des gens intelligents, brillants, mais qui n’ont pas de cœur. Ils réfléchissent et parlent comme des machines à calculer.

Nous connaissons tous des gens qui ont du cœur, mais pas de tête, ils sont passionnés, mais aveugles, ils sont même sectaires, ils ne sont pas intelligents. C’est dommage.

Dans la prière de la messe, je trouve cette belle expression que je fais mienne : « Seigneur, éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à accueillir ton Fils et nous fait entrer dans sa propre vie. »

Et les autres textes parlent de ce dimanche comme celui de la joie et de l’arrivée de Jean le Baptiste qui vient « faire la route, la trace », comme l’on dit en montagne, pour favoriser la venue du « Salut de Dieu ».

La foi, surtout de nos jours où la violence est dure et la fringale de plaisir foisonnante, est une affaire d’intelligence. Celle du cœur qui nous fait apprécier la vie de ce monde avec un grain de sagesse, une flamme d’amour et un souffle d’espérance.

C’est pour cela que nous lisons la promesse magnifique du prophète Baruc annonçant aux exilés le retour en Israël dans la puissance et la gloire du Très-Haut. A tous les attristés de ce monde, la prière de Noël met la joie à portée de mains.

A condition d’abaisser quelques montagnes d’orgueil et de combler quelques abîmes de méfiance. A condition de comprendre avec le cœur les enjeux de notre manière de vivre Noël dans la lumière de l’Evangile, plus que dans les illuminations apparentes des magasins.

L’intelligence du cœur nous rapproche de l’intention du Père en nous envoyant son Fils, venu nous dire que, quels que soient nos exils, Dieu prépare nos retours, quels que soient nos sommeils, il se chargera bien de nous réveiller.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 19:18

en-qui-je-crois.jpgCela peut nous causer quelque surprise. En effet : puisque l'avent est le temps qui nous prépare immédiatement à la Nativité, on eût pu s'attendre à ce que, d'emblée, Noël apparût comme le but à atteindre, le terme de l'entrée en avent. Pourquoi donc commencer par reparler de la fin des temps ? Pourquoi reparler de ce deuxième et dernier avènement du Seigneur alors que nous nous apprêtons à fêter le premier ? Sans doute parce que l'un et l'autre sont liés. Et c'est cela qu'il convient de méditer aujourd'hui.

La vigilance

Arrêtons-nous, pour commencer au mot même par lequel on nomme le temps dans lequel nous entrons : avent, c'est-à-dire venue, advenue. C'est assez dire que nous sommes entrés dans une période particulière où nous allons refaire acte d'espérance. Cela signifie que nous allons épouser une dynamique spirituelle dont le maître mot est vigilance. « Veillez, car vous ne savez ni le jour ni l'heure ! » En revanche, nous savons qu'il y aura un jour et une heure pour la venue du Seigneur. Nous savons qu'il vient nous sauver celui que nous attendons. Seulement nous ne savons pas quand.

La promesse

L'accent est à mettre d'abord sur la promesse. C'est le sens de la première lecture, tout entier énoncé dès la première phrase : Voici venir des jours - oracle du Seigneur - où j'accomplirai la promesse de bonheur que j'ai prononcée sur la maison d'Israël et sur la maison de Juda… (Jr 33, 14). Cette parole est le socle sur lequel repose toute l'espérance d'Israël et la nôtre aujourd'hui. Mais il y a plus car dans cette même prophétie, le Seigneur laisse entrevoir quelque chose de ses intentions, c'est-à-dire la manière dont il compte s'y prendre pour réaliser cette promesse : nous savons déjà que la descendance de David y jouera un rôle déterminant. Nous savons surtout que le Seigneur ne laissera pas sans fruit l'Alliance qu'il a établie avec son peuple, quand bien même toutes les circonstances sembleraient contraires ! En écoutant Jérémie, en effet, nous écoutons un prophète qui parle d'espoir à l'heure où le malheur semble donner le ton et le rythme. Sa parole est d'autant plus forte ! À l'heure où Jérusalem est dépossédée d'elle-même, le prophète annonce le retour en paix, et la vie dans la justice. Il parle contre toute évidence, il espère, littéralement contre toute espérance. Mais c'est bien là son rôle de prophète.

Le temps favorable

La dynamique spirituelle dont nous parlions plus haut, est là, dans l'acte de foi qui à chaque temps et moment de l'histoire perçoit le temps favorable, dont parle saint Paul. Car c'est chaque instant qui est le temps du salut. Même quand les vents de l'histoire semblent contraires, le souffle de l'Esprit est à l'œuvre pour que le salut de Dieu ne soit pas balayé par la tempête.

Au moment d'entrer dans une nouvelle année liturgique et de nous mettre en route vers Noël et la crèche, il nous faut reprendre la juste mesure des choses : au cœur de la grande histoire du monde, dont nous voyons chaque jour les multiples et terribles dangers qu'elle nous fait encourir ; comme dans nos histoires personnelles si souvent traversées de questions, de doutes, d'épreuves, il y a la présence active du Seigneur qui est toujours en train de venir au-devant de nos attentes. Nous l'attendons mais il est déjà en chemin ; nous le prions mais il vient déjà au-devant de notre prière.

Avent signifie que le Seigneur vient. Ce temps préparatoire à la Nativité du Sauveur nous est donné pour que nous nous éveillions à la prévenance de Dieu. Veillons et prions, à l'invitation de saint Paul, pour que nos cœurs soient affermis en sainteté devant Dieu, notre Père, lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus, avec tous les saints.

source :

http://cathedrale-vannes.cef.fr/index.php/partages-devangile-annee-c/1018-dimanche-2-decembre-2012-la-fin-des-temps

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 11:21

 ParisSC02.JPGLa liturgie de ces jours nous fait sentir l'imminence de la venue du Christ dans la gloire. Avez vous déjà fait attention à ce que nous disons après la consécration, lorsque le prêtre proclame : “il est grand le mystère de la foi”? “Nous proclamons ta mort Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection et nous attendons ta venue dans la gloire.” Nous désirons la venue du Christ, et nous voulons même hâter sa venue parce que notre coeur est sans repos tant qu’il ne demeure en lui, tant qu’il n’est pas comblé par la vision béatifique. Cependant, cette venue du Christ, il ne faut pas l’attendre les mains dans les poches! Certains se préparent à la fin du monde en construisant des abris et en amassant des vivres... Mais pour nous croyants, la fin du monde n’est pas La fin! C’est justement la rencontre du Christ dans la gloire. Voilà donc deux pistes pour nous préparer à ce jour : Mettre de l’ordre dans notre vie intérieure et annoncer à tous l’amour de Dieu.

 

Il y a un dicton que l’on entend parfois mais que l’on applique rarement à al vie spirituelle et encore moins à la confession... “ne pas reporter à demain ce qui peut être fait aujourd’hui”. Faut il attendre d’être sur son lit de mort pour se convertir? pour embrasser la croix et la foi? pour pardonner et recevoir le pardon? La vie spirituelle n’attend pas! Croyez vous que l’on attend pour aller chez le dentiste lorsque l’on a une rage de dent? Non, on y court! Et bien courrons aussi dans les bras du Seigneur dès que notre âme est malade. Le problème c’est que bien souvent nous finissons par nous habituer aux maux liés à notre manque de soins spirituels. C’est ce que je dis lorsque je bénis des maisons arrivé à la salle de bain : “Que le Seigneur bénisse ce lieu et qu’il vous donne autant de zèle à prendre soin de votre âme que vous n’en prendrez pour votre corps.” Préparons nous donc à rencontrer celui que nous aimons et une fois que nous aurons fait le ménage devant notre porte, nous serons crédibles pour aider les autres à faire de même, à découvrir en eux mêmes celui qui donne un sens à leur vie, à la création toute entière.

 

Frères et soeurs, au jour du jugement, nous serons jugés sur l’amour : amour pour nous même comme temples du Seigneur, amour pour les autres comme présence du Christ. Mais l’amour est indissociable de la vérité. On n’aime pas dans le mensonge et comme le souligne le psalmiste : “Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent”. Notre amour pour les autres doit donc nous conduire à annoncer la vérité à nos semblables. Hier c’était la vérité de la vie humaine à son commencement, aujourd’hui c’est la vérité de l’union conjugale qui est mise à mal. N’ayons pas peur d’être comme ces 117 martyrs catholiques qui sont morts pour leur foi parce qu’ils ont refusé de fouler aux pieds la croix du Christ et refusé de faillir à la foi chrétienne. Nous aussi, il faut tenir bon et ne pas faillir devant ces idéologies qui nient la grandeur de l’homme  et qui par la même nient Dieu. 

 

Aujourd'hui, les martyrs comme tous les saints qui nous précèdent dans la gloire, voient le Christ, ils contemplent celui qu’ils ont aimé, qu’ils ont professé et pour qui ils ont offert leur vie. Comme les deux témoins de l’apocalypse, ils sont montés au ciel. Frères et soeurs, parvenus au terme de cette année liturgique, vivons comme si c’était aujourd’hui la venue du Christ en gloire : faisons place nette au Christ dans nos vies et soyons de fidèles témoins pour que tous puissent, à l’heure de sa venue, être capable de le reconnaître comme leur Seigneur et leur Roi. Amen. 

Abbé Luc Denoyer

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