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Secrétariat paroissial
5 rue saint Martin,
06390 Contes
tel. 04.93.79.00.58

paroissestvincentdepaul@gmail.com


Horaires d'ouverture :
Mardi 15h00 - 18h00

Jeudi 15h00 - 18h00

Vendredi 15h00 - 18h00

 

 

Site internet :

blogstvincentdepaul@gmail.com

 

Facebook :

https://fr-fr.facebook.com/paroissestvincent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Curé

Abbé Ildephonse NIYONGABO

 

 

 

Prêtre auxiliaire

Abbé Eric REBUFFEL

Photos


Fin d'année 2014


Installation du père Adam
Septembre 2014

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Pélerinage à Notre Dame d'Utelle
Septembre 2014



Soirée Louange 14 déc 2015
La Trinité


Kermesse 2015


Première Communion 2015

 

5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 17:44
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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 11:17

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Le Sacrement du Mariage

 

Le mariage entre un homme et une femme baptisés, vivant de la foi chrétienne, est un sacrement s'il est décidé librement, voulu comme unique et définitif, c'est-à-dire jusqu'à la mort, et ouvert à l'accueil des enfants. Le sacrement du mariage donne aux époux la grâce de renforcer et perfectionner leur amour, d'affermir leur unité indissoluble et de se sanctifier dans leur vie familiale.

                     (Extrait du petit guide de la Foi Catholique, Mgr André Vingt-trois, Editions Le Sénevé / Cerp)


Vous désirez vous marier dans la paroisse st Vincent de Paul ?
Voici quelques indication sur la démarche à suivre :

1. En tout premier lieu, être domicilié dans la Paroisse Saint Vincent de Paul.

Si tel est votre cas, vous devez envoyer une lettre au secrétariat de la paroisse
(5, rue saint Martin, 06390 Contes).


Dans cette lettre, vous indiquerez prioritairement :

- l’objet de votre courrier (mariage dans l'une des églises de la Paroisse Saint Vincent de Paul)

- la ou les églises souhaitées

- la ou les dates souhaitées pour votre mariage

- les raisons profondes qui vouspoussent à demander à vous marier dans l'Eglise Catholique.

- toutes autres informations vous paraissant importantes pour la constitution de votre dossier.


2. A la réception de ce coupon d’inscription,
le Secrétariat transmettra votre demande au Curé de la Paroisse,
et vous répondra en moyenne sous 15 jours.
Vous recevrez toutes les informations concernant la préparation.


Celle-ci se fait en trois temps :


1) Centre Préparation Mariage. (CPM)
Deux rencontres à 15 jours d’intervalle aux dates prévues et fixées selon un calendrier établi.


2) Réflexion Chrétienne.
Quatre soirées qui vous aideront à mieux saisir l’engagement qui sera le vôtre, le sérieux d’une vie sans laquelle il n’est pas possible d’aimer ni de s’aimer durablement.


3) Trois Rencontres avec le prêtre qui célèbrera votre mariage... aux dates choisies par le prêtre et vous-même. 


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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 07:08

assomption.jpgEn ce jour où nous célébrons l'Assomption de la Vierge Marie, sous le patronage de qui a été placée la France, toute l'Eglise de France est appelée à présenter à Dieu, par l'intercession de Notre-Dame, sa prière confiante pour notre pays :

 

1. En ces temps de crise économique, beaucoup de nos concitoyens sont victimes de restrictions diverses et voient l'avenir avec inquiétude ; prions pour celles et ceux qui ont des pouvoirs de décision dans ce domaine et demandons à Dieu qu'il nous rende plus généreux encore dans la solidarité avec nos semblables.

2. Pour celles et ceux qui on été récemment élus pour légiférer et gouverner ; que leur sens du bien commun de la société l'emporte sur les requêtes particulières et qu'ils aient la force de suivre les indications de leur conscience.

3. Pour les familles ; que leur attente légitime d'un soutien de la société ne soit pas déçue ; que leurs membres se soutiennent avec fidélité et tendresse tout au long de leur existence, particulièrement dans les moments douloureux. Que l'engagement des époux l'un envers l'autre et envers leurs enfants soient un signe de la fidélité de l'amour.

4. Pour les enfants et les jeunes ; que tous nous aidions chacun à découvrir son propre chemin pour progresser vers le bonheur ; qu'ils cessent d'être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l'amour d'un père et d'une mère.

Seigneur notre Dieu, nous te confions l'avenir de notre pays. Par l'intercession de Notre-Dame, accorde-nous le courage de faire les choix nécessaires à une meilleure qualité de vie pour tous et à l'épanouissement de notre jeunesse grâce à des familles fortes et fidèles. Par Jésus, le Christ, Notre Seigneur.

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 07:03

assomption.jpgMercredi, lors de la fête de l'Assomption, une «proposition nationale pour une prière des fidèles», écrite par le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, sera reprise dans la plupart des paroisses du pays. Un message fort que décrypte le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon dans une interview accordée au Figaro.

 

LE FIGARO. - Comme jamais elle ne l'avait encore fait, l'Église catholique lance une prière pour le 15 août qui concerne les dirigeants politiques et économiques, mais qui touche deux thèmes très sensibles que sont le mariage gay et l'euthanasie: cette prière pour la France est-elle politique?

MGR Philippe BARBARIN. - Politique, ce n'est pas un «gros mot»! La prière a aussi une dimension politique. Mais prier est d'abord un acte spirituel: nous nous tournons vers Dieu avec confiance, en lui demandant son aide pour ceux que nous aimons, spécialement ceux qui vivent une passe difficile. Rien de plus naturel que de prier pour sa famille, pour son pays. Jamais notre prière n'a fait abstraction des questions de la vie sociale, encore moins des souffrances des hommes. On peut dire que notre prière est marquée par les conditions de vie de la société dans laquelle nous nous trouvons. L'exemple le plus récent, ce sont les Roms à Lyon, qui ont une place particulière dans notre prière. Un curé de Villeurbanne qui s'est occupé avec ses paroissiens d'une famille de Roms depuis plus d'un an se réjouit de voir qu'elle vient d'obtenir un visa de séjour, et en même temps il exprime sa souffrance devant l'expulsion de tant d'autres ces jours-ci. Tout cela entre dans notre prière, la nourrit et la transforme chaque jour. Par la prière, nous affirmons surtout que la source ultime du bien n'est pas dans l'autorité politique. Nous prions pour celle-ci, car nous croyons que Dieu veut la bénir et peut lui donner lumière et force pour être vraiment au service de tous.

 

Pourtant, certains qui ne partagent pas la culture ou la foi catholique peuvent considérer que cet acte ecclésial ne respecte pas la laïcité.

La laïcité interdirait la prière? Est-ce cela que vous me demandez? Sommes-nous en tyrannie? Allons-nous soumettre nos rites et nos formulaires au commandement de la «pensée unique»? Dans son discours pour le 70e anniversaire de la rafle du Vél'd'Hiv, le président François Hollande a évoqué la prière que les Juifs font chaque shabbat pour la République, dans les synagogues. Les catholiques le font aussi, en particulier dans la grande prière liturgique du vendredi saint, et cela n'étonne ni ne gêne personne. Oui, nous prions pour les gouvernants et les législateurs, espérant que chacun cherchera d'abord le bien de tout un pays, des générations futures et suivra la voix de sa conscience, plus que la ligne de son parti.

 

Mais l'heure est-elle si grave pour que l'Église ose ainsi manier publiquement deux sujets aussi délicats que sont prière et politique et le patronage de la France par la Vierge Marie?

Oui, l'heure est grave. C'est une rupture de civilisation de vouloir dénaturer le mariage, qui est depuis toujours une réalité merveilleuse et fragile. Il suffit de voir le nombre de fois où l'on interroge Jésus à ce sujet dans l'Évangile. On a reproché à l'Église son silence en d'autres temps. Mais si sa mission première est la prière, et j'espère qu'elle s'en acquitte fidèlement, elle doit parler quels que soient les courants qui traversent l'opinion publique. C'est la dernière consigne que Jésus nous a laissée avant de nous quitter et de nous promettre la force de l'Esprit saint: «Vous serez mes témoins… jusqu'aux extrémités de la terre!»

 

Le texte de la prière exprime l'opposition connue de l'Église au mariage homosexuel et à l'adoption d'enfants par ces couples. Est-ce là une étape, «soft», oserait-on dire, d'une opposition morale qui pourrait se durcir, sous d'autres formes, à la rentrée?

Avez-vous lu cette prière? Aucune des expressions que vous utilisez ne s'y trouve. On peut prier pour l'engagement des époux, pour les enfants et les jeunes, afin qu'ils «bénéficient pleinement de l'amour d'un père et d'une mère» sans être taxé d'homophobie, j'espère! Ce sont les intentions qui montent spontanément au cœur des croyants. Il ne faudrait pas se mettre à terroriser le bon sens…

 

De même pour l'euthanasie, comment l'Église catholique envisage-t-elle d'exprimer son opposition formelle sur le sujet, suggérée dans cette prière?

La société doit aider chacun à vivre dans les meilleures conditions. Une loi qui justifierait l'euthanasie accréditerait l'idée que certaines vies ne méritent pas d'être vécues. Or, notre civilisation reconnaît «la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine» ; c'est la première ligne de la Déclaration des droits de l'homme. L'essentiel, c'est de manifester proximité, fidélité et tendresse à ceux qui passent la mort. La fête du 15 août, c'est justement une grande source d'espérance en ce domaine: Dieu associe la Vierge Marie à la victoire de Jésus ressuscité sur la mort. L'Assomption nous parle de ceux qui sont morts et que nous continuons d'aimer ; elle parle aussi de notre avenir, celui que nous évoquons en disant dans le Credo: «J'attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir.» Dans le «Je vous salue, Marie», nous demandons à la Mère de Dieu d'être avec nous, «maintenant et à l'heure de notre mort». Redisons simplement la vérité de la mort, même si elle est rude à entendre. Je bénis les médecins qui m'ont aidé à traverser des soucis de santé… Et je dis à tous: «Souvenez-vous de ce que nous sommes: des serviteurs de la vie, de l'homme tout entier, son corps, son âme, son esprit…»

 

Avez-vous été surpris par l'ampleur de la polémique provoquée par cet appel à la prière qui aurait très bien pu susciter l'indifférence: qu'est-ce que cela révèle, selon vous?

Petite polémique… L'Église a l'habitude d'être le paillasson sur lequel on s'essuie les pieds. Ce qui donne à penser, dans ces réactions - et paradoxalement à se réjouir -, c'est que certains semblent avoir peur de la prière. Elle est puissante, en effet!

 

Le texte de la prière englobe la gravité de la crise économique et sociale, quel sens particulier donneriez-vous dans ce contexte à cette fête de l'Assomption?

La tentation dans une crise d'une telle ampleur, qui semble laisser aux gouvernants bien peu de marge de manœuvre, c'est de trouver des dérivatifs sur des sujets dits «sociétaux». Faute de pouvoir résorber le chômage, on changerait le mariage, la famille… et quoi encore, demain? Je ne suis pas sûr que cela relève de l'autorité d'un Parlement. Ceux qui nous gouvernent ont de grandes responsabilités, pour l'équilibre de la vie sociale, l'amélioration de nos conditions de vie. Leur mission est de veiller sur la santé, l'éducation, la répartition des biens, les transports, la sécurité, et d'abord la paix. C'est vraiment beaucoup! Je ne voudrais pas qu'ils se croient la mission de changer le monde. J'espère que le pouvoir politique voit bien, comme chacun de nous, ce qui dépend de lui et ce qui le dépasse!

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/08/13/01016-20120813ARTFIG00407-mgr-barbarin-la-priere-a-une-dimension-politique.php

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 08:27

Chers amis, en cette heure où, à travers le Sacrement de l'ordination sacerdotale, vous êtes introduits comme pasteurs au service du grand Pasteur Jésus Christ, c'est le Seigneur lui-même qui, dans l'Evangile, nous parle du service en faveur du troupeau de Dieu. L'image du pasteur vient de loin. Dans l'Orient antique, les rois avaient l'habitude de se désigner eux-mêmes comme les pasteurs de leur peuple. Dans l'Ancien Testament, Moïse et David, avant d'être appelés à devenir les chefs et les pasteurs  du  Peuple  de Dieu, avaient effectivement été pasteurs de troupeaux. Dans les tourments de la période de l'exil, face à l'échec des pasteurs d'Israël, c'est-à-dire des guides politiques et religieux, Ezéchiel avait tracé l'image de Dieu comme celle du Pasteur de son peuple. Par l'intermédiaire du prophète, Dieu dit:  "Comme un pasteur s'occupe de son troupeau..., je m'occuperai de mes brebis. Je les retirerai de tous les lieux où elles furent dispersées, au jour de nuées et de ténèbres" (Ez 34, 12). A présent, Jésus annonce que cette heure est arrivée:  Il est lui-même le Bon Pasteur en qui Dieu prend soin de sa créature; l'homme, en rassemblant les êtres humains et en les conduisant vers le véritable pâturage. Saint Pierre, à qui le Seigneur ressuscité avait donné la tâche de paître ses brebis, de devenir pasteur avec Lui et pour Lui, qualifie Jésus d'"archipoimen" - l'archipasteur (cf. 1 P 5, 4), et il entend dire ainsi que l'on ne peut être pasteur du troupeau de Jésus Christ que grâce à Lui et dans la communion la plus profonde avec Lui. C'est précisément cela qui est exprimé dans le Sacrement de l'Ordination:  à travers le Sacrement, le prêtre est totalement inséré dans le Christ afin que, partant de Lui et agissant en vue de Lui, il accomplisse en communion avec Lui le service de l'unique Pasteur Jésus, en qui Dieu, devenu homme, veut être notre pasteur.

L'Evangile que nous avons écouté en ce dimanche n'est qu'une partie du grand discours de Jésus sur les pasteurs. Dans ce passage, le Seigneur nous dit trois choses sur le pasteur véritable:  il donne sa vie pour ses brebis; il les connaît et elles le connaissent; il est au service de l'unité. Avant de réfléchir sur ces trois caractéristiques essentielles de la condition de pasteurs, il serait peut-être utile de rappeler brièvement la partie précédente du discours sur les pasteurs dans laquelle Jésus, avant de se désigner comme Pasteur, dit à notre surprise:  "Je suis la porte" (10, 7). C'est à travers Lui que l'on doit entrer dans le service de pasteur.  Jésus  souligne très clairement cette condition de fond en affirmant:  celui qui "fait l'escalade par une autre voie est un brigand" (Jn 10, 1). Ce mot "fait l'escalade" - "anabainei" en grec - évoque l'image de quelqu'un qui grimpe sur la clôture pour parvenir, en la franchissant, là où il ne pourrait pas légitimement arriver. "Faire l'escalade" - on peut également voir ici l'image du carriérisme, de la tentative d'arriver "en-haut", de se procurer une position grâce à l'Eglise:  de se servir, et non de servir. C'est l'image de l'homme qui, à travers le sacerdoce, veut devenir important, devenir quelqu'un; l'image de celui  qui  a  pour  objectif  sa propre ascension et non l'humble service de Jésus Christ. Mais l'unique ascension légitime vers le ministère de pasteur est la croix. Telle est la véritable ascension, la porte véritable. Ne pas désirer devenir personnellement quelqu'un, mais être en revanche présent pour l'autre, pour le Christ, et ainsi, à travers Lui et avec Lui, être présent pour les hommes qu'Il cherche, qu'Il veut conduire sur la voie de la vie. On entre dans le sacerdoce à travers le Sacrement - et cela signifie précisément:  à travers le don de soi-même au Christ, afin qu'Il dispose de moi; afin que je Le serve et suive son appel, même si cela devait être en opposition avec mes désirs de réalisation personnelle et d'amour propre. Entrer par la porte, qui est le Christ, veut dire le connaître et l'aimer toujours plus, pour que notre volonté s'unisse à la sienne et que notre action devienne une seule chose avec son action. Chers amis, nous voulons  toujours prier à nouveau pour cette intention, nous voulons nous engager précisément pour cela, c'est-à-dire que le Christ grandisse en nous, que notre union avec Lui devienne toujours plus profonde, de sorte que par notre intermédiaire, ce soit le Christ lui-même Celui qui paît les brebis.

Regardons à présent de plus près les trois affirmations fondamentales de Jésus sur le bon pasteur. La première, qui parcourt avec une grande force tout le discours sur les pasteurs, dit:  le pasteur donne sa vie pour ses brebis. Le mystère de la Croix se trouve au centre du service de Jésus en tant que pasteur:  c'est le grand service qu'Il nous rend à tous. Il se donne lui-même, et pas seulement dans un passé lointain.  Dans  la  sainte Eucharistie, il réalise cela chaque jour, il se donne lui-même à travers nos mains, il se donne à nous. C'est pourquoi, à juste titre, au centre de la vie sacerdotale se trouve la sainte Eucharistie, dans laquelle le sacrifice de Jésus sur la Croix demeure sans cesse présent, réellement parmi nous. Et, à partir de cela, nous apprenons également ce que signifie célébrer l'Eucharistie de manière adéquate:  c'est une rencontre avec le Seigneur qui se dépouille pour nous de sa gloire divine, qui se laisse humilier jusqu'à la mort sur la croix et se donne ainsi à chacun de nous. Pour le prêtre, l'Eucharistie quotidienne, dans laquelle il revit toujours à nouveau ce mystère, est très importante; il se place toujours à nouveau entre les mains de Dieu, faisant en même temps l'expérience de la joie de savoir qu'Il est présent, qu'Il m'accueille, qu'Il me relève toujours à nouveau et me porte, qu'Il me donne lui-même la main. L'Eucharistie doit devenir pour nous une école de vie, dans laquelle nous apprenons à donner notre vie. On ne donne pas sa vie seulement au moment de la mort et pas seulement dans le martyre. Nous devons la donner jour après jour. Je dois apprendre jour après jour que je ne possède pas ma vie pour moi-même. Jour après jour, je dois apprendre à m'abandonner moi-même; à me tenir prêt pour cette chose pour laquelle Lui, le Seigneur, a besoin de moi sur le moment, même si d'autres choses me semblent plus belles et plus importantes. Donner la vie, ne pas la prendre. C'est précisément ainsi que nous faisons l'expérience de la liberté. La liberté de nous-mêmes, l'étendue de l'être. Précisément ainsi, en étant utile, en étant une personne dont on a besoin dans le monde, notre vie devient importante et belle. Seul celui qui donne sa propre vie, la trouve.

En deuxième lieu, le Seigneur dit:  "Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père" (Jn 10, 14-15). Dans cette phrase, se trouvent deux relations apparemment totalement différentes, qui sont ici mêlées l'une à l'autre:  la relation entre Jésus et le Père et la relation entre Jésus et les hommes qui lui sont confiés. Mais ces deux relations vont précisément de pair, parce que les hommes, en fin de compte, appartiennent au Père et sont à la recherche du Créateur, de Dieu. Quand ils s'aperçoivent que quelqu'un ne parle qu'en son propre nom et en s'inspirant seulement de sa propre personne, ils comprennent alors que c'est trop peu et qu'il ne peut pas être ce qu'ils cherchent. Cependant, là où une autre voix retentit dans une personne, la voix du Créateur, du Père, alors s'ouvre la porte de la relation que l'homme attend. Il doit donc en être ainsi dans notre cas. Nous devons tout d'abord vivre intimement en nous la relation avec le Christ et, par son intermédiaire, avec le Père; ce n'est qu'alors que nous pouvons vraiment comprendre les hommes, ce n'est qu'à la lumière de Dieu qu'on comprend la profondeur de l'homme. Alors, celui qui nous écoute se rend compte que nous ne parlons pas de nous, de quelque chose, mais du véritable Pasteur. Bien sûr, dans les paroles de Jésus est également contenu tout le devoir pastoral concret, qui est de suivre les hommes, d'aller les trouver, d'être ouverts à leurs nécessités et à leurs questions. Bien sûr, la connaissance pratique, concrète des personnes qui me sont confiées est fondamentale, et, bien sûr, il est important de comprendre cette "connaissance" des autres au sens biblique:  il n'y a pas de véritable connaissance sans amour, sans un rapport intérieur, sans une profonde acceptation de l'autre. Le pasteur ne peut pas se contenter de connaître les noms et les dates. Sa connaissance des brebis doit toujours être également une connaissance du coeur. Mais cela n'est, en fait, réalisable que si le Seigneur a ouvert notre coeur; si notre connaissance ne lie pas les personnes à notre petit moi privé, à notre petit coeur, mais leur fait en revanche sentir le coeur de Jésus, le coeur du Seigneur. Ce doit être une connaissance faite avec le coeur de Jésus et orientée vers Lui, une connaissance qui ne lie pas l'homme à moi, mais qui le guide vers Jésus, le rendant ainsi libre et ouvert. Et ainsi, nous aussi, entre hommes, nous devenons proches. Nous voulons toujours à nouveau prier le Seigneur afin que cette façon de connaître avec le coeur de Jésus, de ne pas lier à ma personne, mais de lier au coeur de Jésus et de créer ainsi une véritable communauté, nous soit donné.

Enfin, le Seigneur nous parle du service de l'unité confiée au pasteur:  "J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cet enclos; celles-là aussi, il faut que je les mène; elles écouteront ma voix; et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur" (Jn 10, 16). C'est la même chose que Jean répète après la décision du Sanhédrin de tuer Jésus, lorsque Caïphe dit qu'il vaudrait mieux qu'un seul meure pour le peuple, plutôt que la nation tout entière ne périsse. Jean reconnaît dans cette parole de Caïphe une parole prophétique et il ajoute:  "Jésus allait mourir pour la nation, et non pas pour la nation seulement, mais encore afin de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés" (11, 52). La relation entre la croix et l'unité se révèle; l'unité se paye avec la Croix. Mais c'est surtout l'horizon universel de l'action de Jésus qui apparaît. Si Ezéchiel, dans sa prophétie sur le pasteur, avait en vue le rétablissement de l'unité entre les tribus dispersées d'Israël (cf. Ez 34, 22-24), il ne s'agit maintenant plus seulement de l'unification de l'Israël dispersé, mais de l'unification de tous les fils de Dieu, de l'humanité - de l'Eglise des juifs et des païens. La mission de Jésus concerne l'humanité tout entière, et l'Eglise reçoit donc une responsabilité pour toute l'humanité, afin que cette dernière reconnaisse Dieu, ce Dieu qui, pour nous tous, s'est fait homme en Jésus Christ, a souffert, est mort et est ressuscité. L'Eglise ne doit jamais se contenter de l'assemblée de ceux qu'elle a réussi à atteindre à un certain moment, et dire que les autres vont bien ainsi:  les musulmans, les hindouistes et ainsi de suite. L'Eglise ne peut pas se retirer commodément dans les limites de son propre domaine. Elle est chargée de la sollicitude universelle, elle doit se préoccuper pour tous et de tous. Nous devons "traduire", d'une manière générale, cette grande tâche dans nos missions respectives. Bien sûr, un prêtre, un pasteur d'âme, doit tout d'abord se soucier de ceux qui croient et vivent avec l'Eglise, qui cherchent en elle le chemin de la vie et qui, pour leur part, comme des pierres vivantes, construisent l'Eglise et édifient et soutiennent ainsi également ensemble le prêtre. Toutefois, nous devons aussi toujours à nouveau - comme dit le Seigneur - sortir "par les chemins et le long des clôtures" (Lc 14, 23) pour porter l'invitation de Dieu à son banquet également aux hommes qui jusqu'à présent n'en ont pas entendu parler, ou qui n'ont pas été touchés intérieurement par lui. Ce service universel, service pour l'unité, possède de multiples formes. L'unité pour l'engagement intérieur de l'Eglise en fait toujours également partie, afin que celle-ci, au-delà de toutes les diversités et les limites, soit un signe de la présence de Dieu dans le monde, lui seul pouvant créer une telle unité.

L'Eglise antique a trouvé dans la sculpture de son temps la figure du pasteur qui porte une brebis sur ses épaules. Peut-être ces images font-elles partie du rêve idyllique de la vie champêtre qui avait fasciné la société de l'époque. Mais pour les chrétiens, cette figure est devenue tout naturellement l'image de Celui qui s'est mis en marche pour chercher la brebis égarée:  l'humanité; l'image de Celui qui nous suit jusque dans nos déserts et dans nos égarements; l'image de Celui qui a pris sur ses épaules la brebis égarée, qui est l'humanité, et qui la ramène à la maison. Il est devenue l'image du véritable Pasteur Jésus Christ. Nous nous confions à Lui. C'est à Lui que nous vous confions, chers frères, en particulier en cette heure, afin qu'Il vous conduise et vous soutienne tous les jours; afin qu'Il vous aide à devenir, grâce à Lui et avec Lui, les bons pasteurs de son troupeau. Amen!

Homélie du Pape Benoît XI

 Messe d'ordinations sacerdotales de 15 nouveaux prêtres pour le diocèse de Rome (Basilique Vaticane, 7 mai 2006)

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 12:35
Vous pouvez trouver un article très intéressant dans Famille chrétienne (Espace Premium) sur "Comment annoncer Dieu dans un monde indiffèrent ?
Consultez : www.famillechretienne.fr 
 
Prière pour l'évangelisation:
Viens habiter nos silences et nos mots
Seigneur tu veux passer par nous pour révéler la puissance de ton amour
Nous voulons te faire connaître mais nous sommes maladroits
Nous avons peur de déranger, de ne pas être compris, d'être moqués
Nous connaissons nos manques,nos pêchés, la dureté de notre coeur
Viens réchauffer ce qui est tiède en nous,redresser ce qui est tordu
Renforce notre foi,que nous voyons nos frères comme tes enfants bien aimés
Attendus de toute éternité pour partager ta vie
Montre-nous que toi seul est le Sauveur et que notre bonheur est de vivre en toi
Et si par nous tu veux qu'ils découvrent ton amour
Viens embraser nos coeurs, viens illuminer notre regard,
viens habiter nos gestes, nos silences et nos mots
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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 13:44

Kolbe.jpgLe cardinal Wojtyla, archevêque de Cracovie, sur le territoire duquel se trouve le camp d’Auschwitz, a présenté en ces termes, le 14 octobre, dans la salle de presse du Saint-Siège, la figure du P. Kolbe, prête qui suivit Jésus-Christ jusqu’au bout après la mort duquel le bagne d’Auschwitz devint moins infernal.

Dimanche prochain, le 17 octobre 1971, sera promu bienheureux quelqu’un dont la vie et la mort s’inscrivent d’une façon très précise dans l’actualité de notre temps.

Maximilien Kolbe, religieux franciscain, a suscité l'intérêt du monde entier par son sacrifice librement choisi, et accepté avec amour, pour un inconnu, père de famille, qui avait été destiné à mourir de faim et de soif avec neuf autres bagnards, en représailles pour un évadé. Cet homme, nommé Gajowniezek, se trouve à Rome et assistera à la glorification de celui à qui il doit d'avoir survécu à l'enfer concentrationnaire. Trente ans à peine nous séparent du jour, à la veille de l'Assomption 1941, où le Père Maximilien Kolbe, unique survivant du groupe condamné, fut achevé par une piqûre de phénol. Son corps est passé, comme des millions d'autres, dans un de ces fours crématoires qui brûlaient, à Auschwitz, jour et nuit. Ainsi se réalisa son vœu, tant de fois exprimé : « Je voudrais que mes cendres soient dispersées aux quatre points de l'horizon… » Il ne se doutait pas que ce désir se réaliserait à la lettre, mais que loin de le faire disparaître « sans laisser trace », son voeu d'humilité attirerait sur sa personne l'attention de l'Eglise universelle. Rarement une opinion de sainteté fut à ce point unanime !

La réponse du P. Kolbe aux prêtres qui s'interrogent sur leur identité.

Du coup, une question se pose avec une insistance croissante : Pourquoi le Père Maximilien Kolbe ? D'autres bagnards n'ont-ils pas porté le témoignage de l'amour fraternel héroïque dans les camps de mort, comme cet évêque polonais, Mgr Kozal, qui s'est laissé littéralement mourir de faim en distribuant ses rations de misère à des compagnons de bagne ? Attentive aux Signes du temps, que vent nous dire l'Eglise en nous proposant comme modèle ce prêtre ?

Car, notons-le avec soin, cet homme de 47 ans, qui avait réalisé avec une fidélité exemplaire l'idéal de saint-François, a voulu mourir comme prêtre. À la question brutale de « Fritch le Sanglant », absolument ahuri par l'audace de ce bagnard qui voulait prendre la place d'un condamné : « Qui donc es-tu ? », Maximilien Kolbe donna cette simple réponse : « Prêtre catholique. »

C'est donc en tant que prêtre qu'il accompagna le troupeau lamentable des neuf condamnés à mort. Il ne s'agissait pas seulement de sauver le dixième ! Il fallait aider à mourir les neuf autres. À partir du moment où la porte fatale s'est refermée sur les condamnés, il les prit tous en charge, non pas ceux-là seulement, mais d'autres encore qui mouraient de faim dans les bunkers voisins et dont les hurlements de fauves faisaient frémir tous ceux qui approchaient… Le fait est qu'à partir du moment où le P. Kolbe fut au milieu d'eux, ces malheureux se sentirent brusquement protégés et assistés et les cellules où ils attendaient le dénouement inexorable résonnèrent de prières et de chants ! Les sbires eux-mêmes en furent bouleversés : « So was haben wir nie gesehen ! » disaient-ils (nous n’avons jamais vu une chose pareille). Nous ne saurons qu'au « Jour du Seigneur » s'il y eut dans leur nombre des « bons larrons » convertis, ne fût-ce qu'à la dernière heure, par ce témoignage héroïque! Le fait est - et tous les survivants d'Oswiecim-Auschwitz le savent bien, qu'à partir de l’Assomption 1941 le bagne devint moins infernal.

À un moment où tant de prêtres dans le monde entier s'interrogent sur leur « identité », le P. Maximilien Kolbe se dresse au milieu de nous pour répondre non pas avec des discours théologiques, mais avec sa vie et sa mort. Il ne lui suffit ni plus ni moins d'être comme son Maître, en donnant le témoignage « du plus grand amour », ce test évangélique de l’appartenance au Christ. L'héroïsme n'est certes, pas à la portée de tous, mais renoncer à y tendre, ne serait-ce pas un échec ? La réponse aux questions qui nous assaillerait et nous angoisserait ne se situerait-elle pas dans le dépassement par « en haut », la grâce suppléant à ce que la nature ne saurait atteindre ?

Ce qu’a dit Paul VI à la messe de béatification à ce sujet : La leçon du P. Kolbe en cette heure d'incertitude sur le sacerdoce.

Qui ne se rappelle cet épisode extraordinaire ? « Je suis un prêtre catholique », dit-il en s'offrant à la mort - et quelle mort ! - à la place d'un compagnon de misère, inconnu, déjà désigné pour d’aveugles représailles. Ce fut un instant grandiose. Son offre fut acceptée. Elle venait d'un cœur entraîné au don de soi, qui lui était devenu naturel et spontané, comme une conséquence logique de son sacerdoce. Le prêtre n'est-il pas un « autre Christ » ? Le Christ prêtre n'a-t-il pas été la victime rachetant le genre humain ? Quelle gloire, quel exemple pour nous, prêtres, que de voir exprimées dans le nouveau bienheureux notre consécration et notre mission ! Quel avertissement en cette heure d'incertitude où la nature humaine voudrait parfois faire prévaloir ses droits sur la vocation surnaturelle au Christ de la part ceux qui sont appelés à le suivre ! Et quel réconfort pour tous les bons et fidèles prêtres et religieux si cher à notre cœur qui, animés d’un légitime et louable souci d'échapper à la médiocrité personnelle et à la frustration sociale, conçoivent ainsi leur mission : je suis prêtre catholique et c’est pourquoi j'offre ma vie pour sauver celle des autres. Telle est, semble-t il, la consigne que ce nouveau bienheureux laisse tout spécialement à nous, ministres de l'Eglise de Dieu, et aussi à tous ceux qui acceptent son esprit.

Dans le cercle infernal de la haine.

Le P. Maximilien est mort dans une époque de colère et de mépris, où l'homme avait été ravalé au rang de robot, pire qu'esclave. Le souvenir hallucinant de l'enfer concentrationnaire s'estompe peu à peu ; les jeunes n'en savent presque rien et les manuels d'histoire rapportent des faits que l'imagination a beaucoup de peine à saisir. Cependant, les survivants de cette époque savent bien à quel point, sous un régime totalitaire, la personne humaine est dégradée, humiliée, bafouée. Sur ce fond empoisonné, seule la haine prolifère. Un bagnard a dit : « je les hais, parce qu'ils m'ont appris à haïr… »

Or, chose absolument inouïe, mais corroborée par d'innombrables témoignages, Maximilien Kolbe ignorait la haine. Dans la prison de Pawiak, à Varsovie, dans l'enceinte des barbelés d'Oswiecim-Auschwitz, il embrassait du même regard clair bourreaux et victimes, au point que les plus sadiques détournaient leurs yeux : « Ne nous regarde pas ainsi. » Cet homme marqué d'un simple numéro : 16 670, a remporté la plus difficile de victoire, celle de l'amour qui absout et pardonne. Dans le cercle infernal de la dialectique de la haine, il a pénétré avec un cœur brûlant d'amour et, du coup, le sortilège infernal fut exorcisé, l'amour fut plus fort que la mort. Son témoignage n'est-il pas d'une actualité saisissante à une époque d'amour écartelé, d'amour divisé ? Combien rares sont aujourd'hui ceux dont la charité fraternelle ne souffre pas de ségrégation… raciale, nationale, idéologique.

Un précurseur dans le domaine des mass media.

Maximilien Kolbe fut également précurseur dans un domaine mis en lumière par la Constitution pastorale de Vatican II : celui des mass media. En partant de rien, bravant l'opinion de ceux qui considéraient avec méfiance les religieux engagés dans l'apostolat de la presse, cet homme de santé chétive (un quart de poumon !) est arrivé à lancer sa « petite revue bleue » qui, en 1939, atteignait un tirage d'un million d'exemplaire et un journal d'humble apparence destiné aux masses ouvrières et paysannes. On peut dire aujourd'hui que ses labours spirituels ont préparé la Pologne à l'épreuve du sang qui lui a coûté, au cours de la Deuxième Guerre mondiale, plus de six millions de morts. Homme des Béatitudes, le P. Maximilien s'adressait, en premier lieu, aux « Pauvres de Yahvé », ces « anawim » plus affamés de la Parole du Seigneur que de pain. À leur service, il voulut mettre toutes les ressources de la technique, toutes les conquêtes du progrès. En 1938, il mettait en place un poste émetteur et songeait à l'installation d'un aérodrome à Niepokalanow, la « Cité de l'Immaculée ». À certains prélats quelque peu scandalisés par ces « projets de fou » et qui lui demandaient : « Que ferait saint François à votre place ? », il répondait du tac au tac : « Il retrousserait ses manches, Monseigneur, et travaillerait avec nous » De fait, son « Cantique des créatures » englobait les rotatives et les linotypes, et les sept cents frères ouvriers de Niepokalanow faisaient « chanter » les machines à la gloire de Dieu. On pourrait glaner dans les écrits du P. Maximilien des pierres d'attente pour une théologie du travail dont les dimensions horizontales impliquent la verticale, dans la tension féconde de la croix.

Et un précurseur de la théologie mariale de Vatican II.

Cet homme aux ambitions vaste, comme l'univers - n'a-t-il pas fait siennes les paroles de – saint-François d'Assise : « Vorrei mandari TUTTI paradiso : je voudrais qu'à vous tous le paradis soit ouvert », - ce missionnaire qui implanta au Japon son oeuvre d'apostolat de la presse, a voulu témoigner par sa vie et par sa mort de son  amour pour  Notre-Dame qu'il invoquait sous le vocable de 1'Immaculée. Sa théologie mariale est d'une justesse doctrinale qui enchante ceux qui connaissent cette clef de voûte de Vatican II qu'est la constitution sur l'Eglise Lumen gentium. On dirait qu'il avait prévu jusque dans certaines formulations l'admirable chapitre VIII, consacré à la Vierge Marie. La fécondité spirituelle de cet humble religieux qui fut non seulement un géant du rendement – combien apprécié par notre monde technocrate, - mais l'un des plus grands contemplatifs de notre époque, proclame aujourd'hui, face au monde entier, le rôle unique de la Vierge Théotokos dans I'œuvre du salut. Mère du Chef, elle est Mère de son Corps, le Christ « répandu et communiqué » (BOSSUET), donc Mère de l'Eglise.

Le P. Kolbe nous met au pied du mur.

Ce n'est pas un hasard mais un signe du temps que ce prêtre mort en 1941, à l'âge de 47 ans, dans un bunker de la faim, à Auschwitz-Oswiecim, soit promu bienheureux au cours de ce Synode qui a pour but de spécifier le sens du ministère sacerdotal. Aux questions plus ou moins abstraites qui s'accumulent, voici une réponse concrète, cet homme en chair et en os, qui ne se paya pas de mots et sut aller jusqu'au bout de ses engagements, en payant « sang pour sang ». Nous venons de l'interpeller mais, au fond, c'est lui qui nous interpelle, en nous mettant, peut-être, au pied du mur. Il ne suffit pas de le voir dans la gloire du Bernin. Demandons-lui dans le secret de nos cœurs, ce qu'il a à nous dire, à chacun de nous personnellement.

Rome, le 14 octobre 1971.

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 13:33

19981011_teresa_benedetta_della_croce.jpg"Inclinons-nous profondément devant ce témoignage de vie et de mort livré par Edith Stein, cette remarquable fille d'Israël, qui fut en même temps fille du Carmel et sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, une personnalité qui réunit pathétiquement, au cours de sa vie si riche, les drames de notre siècle. Elle est la synthèse d'une histoire affligée de blessures profondes et encore douloureuses, pour la guérison desquelles s'engagent, aujourd’hui encore, des hommes et des femmes conscients de leurs responsabilités; elle est en même temps la synthèse de la pleine vérité sur les hommes, par son cœur  qui resta si longtemps inquiet et insatisfait, "jusqu'à ce qu'enfin il trouvât le repos dans le Seigneur" ". Ces paroles furent prononcées par le Pape Jean-Paul II à l'occasion de la béatification d'Édith Stein à Cologne, le 1 mai 1987.

Qui fut cette femme ?

Quand, le 12 octobre 1891, Édith Stein naquit à Wroclaw (à l'époque Breslau), la dernière de 11 enfants, sa famille fêtait le Yom Kippour, la plus grande fête juive, le jour de l'expiation. "Plus que toute autre chose cela a contribué à rendre particulièrement chère à la mère sa plus jeune fille". Cette date de naissance fut pour la carmélite presque une prédiction.

Son père, commerçant en bois, mourut quand Édith n'avait pas encore trois ans. Sa mère, femme très religieuse, active et volontaire, personne vraiment admirable, restée seule, devait vaquer aux soins de sa famille et diriger sa grande entreprise; cependant elle ne réussit pas à maintenir chez ses enfants une foi vivante. Édith perdit la foi en Dieu: "En pleine conscience et dans un choix libre je cessai de prier".

Elle obtint brillamment son diplôme de fin d'études secondaires en 1911 et commença des cours d'allemand et d'histoire à l'Université de Wroclaw, plus pour assurer sa subsistance à l'avenir que par passion. La philosophie était en réalité son véritable intérêt. Elle s'intéressait également beaucoup aux questions concernant les femmes. Elle entra dans l'organisation "Association Prussienne pour le Droit des Femmes au Vote". Plus tard elle écrira: "Jeune étudiante, je fus une féministe radicale. Puis cette question perdit tout intérêt pour moi. Maintenant je suis à la recherche de solutions purement objectives".

En 1913, l'étudiante Édith Stein se rendit à Gôttingen pour fréquenter les cours d’Edmund Husserl à l'université; elle devint son disciple et son assistante et elle passa aussi avec lui sa thèse. À l'époque Edmund Husserl fascinait le public avec son nouveau concept de vérité: le monde perçu existait non seulement à la manière kantienne de la perception subjective. Ses disciples comprenaient sa philosophie comme un retour vers le concret. "Retour à l'objectivisme". La phénoménologie conduisit plusieurs de ses étudiants et étudiantes à la foi chrétienne, sans qu'il en ait eu l'intention. À Gôttingen, Édith Stein rencontra aussi le philosophe Max Scheler. Cette rencontre attira son attention sur le catholicisme. Cependant elle n'oublia pas l'étude qui devait lui procurer du pain dans l'avenir. En janvier 1915, elle réussit avec distinction son examen d'État. Elle ne commença pas cependant sa période de formation professionnelle.

Alors qu'éclatait la première guerre mondiale, elle écrivit: "Maintenant je n'ai plus de vie propre". Elle fréquenta un cours d'infirmière et travailla dans un hôpital militaire autrichien. Pour elle ce furent des temps difficiles. Elle soigna les malades du service des maladies infectieuses, travailla en salle opératoire, vit mourir des hommes dans la fleur de l'âge. À la fermeture de l'hôpital militaire en 1916, elle suivit Husserl à Fribourg-en-Brisgau, elle y obtint en 1917 sa thèse "summa cum laudae" dont le titre était: "Sur le problème de l'empathie".

Il arriva qu'un jour elle put observer comment une femme du peuple, avec son panier à provisions, entra dans la cathédrale de Francfort et s'arrêta pour une brève prière. "Ce fut pour moi quelque chose de complètement nouveau. Dans les synagogues et les églises protestantes que j'ai fréquentées, les croyants se rendent à des offices. En cette circonstance cependant, une personne entre dans une église déserte, comme si elle se rendait à un colloque intime. Je n'ai jamais pu oublier ce qui est arrivé". Dans les dernières pages de sa thèse elle écrit: "Il y a eu des individus qui, suite à un changement imprévu de leur personnalité, ont cru rencontrer la miséricorde divine". Comment est-elle arrivée à cette affirmation?

Édith Stein était liée par des liens d'amitié profonde avec l'assistant de Husserl à Gôtingen, Adolph Reinach, et avec son épouse. Adolf Reinach mourut en Flandres en novembre 1917. Édith se rendit à Gôttingen. Le couple Reinach s'était converti à la foi évangélique. Édith avait une certaine réticence à l'idée de rencontrer la jeune veuve. Avec beaucoup d'étonnement elle rencontra une croyante. "Ce fut ma première rencontre avec la croix et avec la force divine qu'elle transmet à ceux qui la portent [...] Ce fut le moment pendant lequel mon irréligiosité s'écroula et le Christ resplendit". Plus tard elle écrivit: "Ce qui n'était pas dans mes plans était dans les plans de Dieu. En moi prit vie la profonde conviction que -vu du côté de Dieu- le hasard n'existe pas; toute ma vie, jusque dans ses moindres détails, est déjà tracée selon les plans de la providence divine et, devant le regard absolument clair de Dieu, elle présente une unité parfaitement accomplie".

À l'automne 1918, Édith Stein cessa d'être l'assistante d'Edmund Husserl. Ceci parce qu'elle désirait travailler de manière indépendante. Pour la première fois depuis sa conversion, Édith Stein rendit visite à Husserl en 1930. Elle eut avec lui une discussion sur sa nouvelle foi à laquelle elle aurait volontiers voulu qu'il participe. Puis elle écrit de manière surprenante: "Après chaque rencontre qui me fait sentir l'impossibilité de l'influencer directement, s'avive en moi le caractère pressant de mon propre holocauste".

Édith Stein désirait obtenir l'habilitation à l'enseignement. À l'époque, c'était une chose impossible pour une femme. Husserl se prononça au moment de sa candidature: "Si la carrière universitaire était rendue accessible aux femmes, je pourrais alors la recommander chaleureusement plus que n'importe quelle autre personne pour l'admission à l'examen d'habilitation". Plus tard on lui interdira l'habilitation à cause de ses origines juives.

Édith Stein retourna à Wroclaw. Elle écrivit des articles sur la psychologie et sur d'autres disciplines humanistes. Elle lit cependant le Nouveau Testament, Kierkegaard et le livre des exercices de saint Ignace de Loyola. Elle s'aperçoit qu'on ne peut seulement lire un tel écrit, il faut le mettre en pratique.

Pendant l'été 1921, elle se rendit pour quelques semaines à Bergzabern (Palatinat), dans la propriété de Madame Hedwig Conrad-Martius, une disciple de Husserl. Cette dame s'était convertie, en même temps que son époux, à la foi évangélique. Un soir, Édith trouva dans la bibliothèque l'autobiographie de Thérèse d'Avila. Elle la lut toute la nuit. "Quand je refermai le livre je me dis: ceci est la vérité". Considérant rétrospectivement sa propre vie, elle écrira plus tard: "Ma quête de vérité était mon unique prière".

Le ler janvier 1922, Édith Stein se fit baptiser. C'était le jour de la circoncision de Jésus, de l'accueil de Jésus dans la descendance d'Abraham. Édith Stein était debout devant les fonds baptismaux, vêtue du manteau nuptial blanc de Hedwig Conrad-Martius qui fut sa marraine. "J'avais cessé de pratiquer la religion juive et je me sentis de nouveau juive seulement après mon retour à Dieu". Maintenant elle sera toujours consciente, non seulement intellectuellement mais aussi concrètement, d'appartenir à la lignée du Christ. À la fête de la Chandeleur, qui est également un jour dont l'origine remonte à l'Ancien Testament, elle reçut la confirmation de l'évêque de Spire dans sa chapelle privée.

Après sa conversion, elle se rendit tout d'abord à Wroclaw. "Maman, je suis catholique". Les deux se mirent à pleurer. Hedwig Conrad-Martius écrivit: "Je vis deux israélites et aucune ne manque de sincérité".

Immédiatement après sa conversion, Édith aspira au Carmel, mais ses interlocuteurs spirituels, le Vicaire général de Spire et le Père Erich Przywara, S.J., l'empêchèrent de faire ce pas. Jusqu'à pâques 1931 elle assura alors un enseignement en allemand et en histoire au lycée et séminaire pour enseignants du couvent dominicain de la Madeleine de Spire. Sur l'insistance de l'archiabbé Raphaël Walzer du couvent de Beuron, elle entreprend de longs voyages pour donner des conférences, surtout sur des thèmes concernant les femmes. "Pendant la période qui précède immédiatement et aussi pendant longtemps après ma conversion [... ]  je croyais que mener une vie religieuse signifiait renoncer à toutes les choses terrestres et vivre seulement dans la pensée de Dieu. Progressivement cependant, je me suis rendue compte que ce monde requiert bien autre chose de nous [...]; je crois même que plus on se sent attiré par Dieu et plus on doit "sortir de soi-même", dans le sens de se tourner vers le monde pour lui porter une raison divine de vivre".

Son programme de travail est énorme. Elle traduit les lettres et le journal de la période pré-catholique de Newman et l'œuvre " Questiones disputatx de veritate " de Thomas d'Aquin et ce dans une version très libre, par amour du dialogue avec la philosophie moderne. Le Père Erich Przywara S.J. l'encouragea à écrire aussi des œuvres philosophiques propres. Elle apprit qu'il est possible "de pratiquer la science au service de Dieu [... ] ; c'est seulement pour une telle raison que j'ai pu me décider à commencer une série d'œuvres scientifiques". Pour sa vie et pour son travail elle trouve toujours les forces nécessaires au couvent des bénédictins de Beuron où elle se rend pour passer les grandes fêtes de l'année liturgique.

En 1931, elle termina son activité à Spire. Elle tenta de nouveau d'obtenir l'habilitation pour enseigner librement à Wroclaw et à Fribourg. En vain. À partir de ce moment, elle écrivit une œuvre sur les principaux concepts de Thomas d'Aquin: "Puissance et action". Plus tard, elle fera de cet essai son œuvre majeure en l'élaborant sous le titre "Être fini et Être éternel", et ce dans le couvent des Carmélites à Cologne. L'impression de l'œuvre ne fut pas possible pendant sa vie.

En 1932, on lui donna une chaire dans une institution catholique, l'Institut de Pédagogie scientifique de Münster, où elle put développer son anthropologie. Ici elle eut la possibilité d'unir science et foi et de porter à la compréhension des autres cette union. Durant toute sa vie, elle ne veut être qu'un "instrument de Dieu". "Qui vient à moi, je désire le conduire à Lui".

En 1933, les ténèbres descendent sur l'Allemagne. "J'avais déjà entendu parler des mesures sévères contres les juifs. Mais maintenant je commençai à comprendre soudainement que Dieu avait encore une fois posé lourdement sa main sur son peuple et que le destin de ce peuple était aussi mon destin". L'article de loi sur la descendance arienne des nazis rendit impossible la continuation de son activité d'enseignante. "Si ici je ne peux continuer, en Allemagne il n'y a plus de possibilité pour moi". "J'étais devenue une étrangère dans le monde".

L'archiabbé Walzer de Beuron ne l'empêcha plus d'entrer dans un couvent des Carmélites. Déjà au temps où elle se trouvait à Spire, elle avait fait les veux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. En 1933 elle se présenta à la Mère Prieure du monastère des Carmélites de Cologne. "Ce n'est pas l'activité humaine qui peut nous aider, mais seulement la passion du Christ. J'aspire à y participer".

Encore une fois Édith Stein se rendit à Wroclaw pour prendre congé de sa mère et de sa famille. Le dernier jour qu'elle passa chez elle fut le 12 octobre, le jour de son anniversaire et en même temps celui de la fête juive des Tabernacles. Édith accompagna sa mère à la Synagogue. Pour les deux femmes ce ne fut pas une journée facile. "Pourquoi l'as-tu connu (Jésus Christ)? Je ne veux rien dire contre Lui. Il aura été un homme bon. Mais pourquoi s'est-il fait Dieu?" Sa mère pleure.

Le lendemain matin Édith prend le train pour Cologne. "Je ne pouvais entrer dans une joie profonde. Ce que je laissais derrière moi était trop terrible. Mais j'étais très calme - dans l'intime de la volonté de Dieu". Par la suite elle écrira chaque semaine une lettre à sa mère. Elle ne recevra pas de réponses. Sa sœur Rose lui enverra des nouvelles de la maison.

Le 14 octobre, Édith Stein entre au monastère des Carmélites de Cologne. En 1934, le 14 avril, ce sera la cérémonie de sa prise d'habit. L'archiabbé de Beuron célébra la messe. À partir de ce moment Édith Stein portera le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix.

En 1938, elle écrivit: "Sous la Croix je compris le destin du peuple de Dieu qui alors (1933) commençait à s'annoncer. Je pensais qu'il comprenait qu'il s'agissait de la Croix du Christ, qu'il devait l'accepter au nom de tous les autres peuples. Il est certain qu'aujourd'hui je comprends davantage ces choses, ce que signifie être épouse du Seigneur sous le signe de la Croix. Cependant il ne sera jamais possible de comprendre tout cela, parce que c'est un mystère".

Le 21 avril 1935, elle fit des vœux temporaires. Le 14 septembre 1936, au moment du renouvellement des vœux  sa mère meurt à Wroclaw. "Jusqu'au dernier moment ma mère est restée fidèle à sa religion. Mais puisque sa foi et sa grande confiance en Dieu [...] furent l'ultime chose qui demeura vivante dans son agonie, j'ai confiance qu'elle a trouvé un juge très clément et que maintenant elle est ma plus fidèle assistante, en sorte que moi aussi je puisse arriver au but".

Sur l'image de sa profession perpétuelle du 21 avril 1938, elle fit imprimer les paroles de saint Jean de la Croix auquel elle consacrera sa dernière œuvre : "Désormais ma seule tâche sera l'amour".

L'entrée d'Édith Stein au couvent du Carmel n'a pas été une fuite. "Qui entre au Carmel n'est pas perdu pour les siens, mais ils sont encore plus proches; il en est ainsi parce que c'est notre tâche de rendre compte à Dieu pour tous". Surtout elle rend compte à Dieu pour son peuple. "Je dois continuellement penser à la reine Esther qui a été enlevée à son peuple pour en rendre compte devant le roi. Je suis une petite et faible Esther mais le Roi qui m'a appelée est infiniment grand et miséricordieux. C'est là ma grande consolation". (31-10-1938)

Le 9 novembre 1938, la haine des nazis envers les juifs fut révélée au monde entier. Les synagogues brûlèrent. La terreur se répandit parmi les juifs. La Mère Prieure des Carmélites de Cologne fait tout son possible pour conduire sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix à l'étranger. Dans la nuit du 1er janvier 1938, elle traversa la frontière des Pays-Bas et fut emmenée dans le monastère des Carmélites de Echt, en Hollande. C'est dans ce lieu qu'elle écrivit son testament, le 9 juin 1939: "Déjà maintenant j'accepte avec joie, en totale soumission et selon sa très sainte volonté, la mort que Dieu m'a destinée. Je prie le Seigneur qu'Il accepte ma vie et ma mort [...] en sorte que le Seigneur en vienne à être reconnu par les siens et que son règne se manifeste dans toute sa grandeur pour le salut de l'Allemagne et la paix dans le monde".

Déjà au monastère des Carmélites de Cologne on avait permis à Édith Stein de se consacrer à ses œuvres scientifiques. Entre autres elle écrivit dans ce lieu "De la vie d'une famille juive". "Je désire simplement raconter ce que j'ai vécu en tant que juive". Face à "la jeunesse qui aujourd'hui est éduquée depuis l'âge le plus tendre à haïr les juifs [...] nous, qui avons été éduqués dans la communauté juive, nous avons le devoir de rendre témoignage".

En toute hâte, Édith Stein écrira à Echt son essai sur "Jean de la Croix, le Docteur mystique de l'Église, à l'occasion du quatre centième anniversaire de sa naissance, 1542-1942". En 1941, elle écrivit à une religieuse avec laquelle elle avait des liens d'amitié: "Une scientia crucis (la science de la croix) peut être apprise seulement si l'on ressent tout le poids de la croix. De cela j'étais convaincue depuis le premier instant et c'est de tout cœur que j'ai dit: Ave Crux, Spes unica (je te salue Croix, notre unique espérance)". Son essai sur Jean de la Croix porta le sous-titre: "La Science de la Croix".

Le 2 août 1942, la Gestapo arriva. Édith Stein se trouvait dans la chapelle, avec les autres sœurs. En moins de 5 minutes elle dut se présenter, avec sa sœur Rose qui avait été baptisée dans l'Église catholique et qui travaillait chez les Carmélites de Echt. Les dernières paroles d'Édith Stein que l'on entendit à Echt s'adressèrent à sa sœur : "Viens, nous partons pour notre, peuple".

Avec de nombreux autres juifs convertis au christianisme, les deux femmes furent conduites au camp de rassemblement de Westerbork. Il s'agissait d'une vengeance contre le message de protestation des évêques catholiques des Pays-Bas contre le pogrom et les déportations de juifs. "Que les êtres humains puissent en arriver à être ainsi, je ne l'ai jamais compris et que mes sœurs et mes frères dussent tant souffrir, cela aussi je ne l'ai jamais vraiment compris [...]; à chaque heure je prie pour eux. Est-ce que Dieu entend ma prière? Avec certitude cependant il entend leurs pleurs". Le professeur Jan Nota, qui lui était lié, écrira plus tard: "Pour moi elle est, dans un monde de négation de Dieu, un témoin de la présence de Dieu".

À l'aube du 7 août, un convoi de 987 juifs parti en direction d'Auschwitz. Ce fut le 9 août 1942, que sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, avec sa sœur Rose et de nombreux autres membres de son peuple, mourut dans les chambres à gaz d'Auschwitz.

Avec sa béatification dans la Cathédrale de Cologne, le 1er mai 1987, l'Église honorait, comme l'a dit le Pape Jean-Paul II, "une fille d'Israël, qui pendant les persécutions des nazis est demeurée unie avec foi et amour au Seigneur Crucifié, Jésus Christ, telle une catholique, et à son peuple telle une juive".

 

PRIERE DE CONFIANCE DE SAINTE EDITH STEIN

Laisse-moi, Seigneur,

marcher sans voir sur les chemins qui sont les tiens

Je ne veux pas savoir où tu me conduis.

Ne suis-je pas ton enfant ?

Tu es le père de la Sagesse et aussi mon père.

Même si tu me conduis à travers la nuit,

Tu me conduis vers toi.

Seigneur, laisse arriver ce que tu veux :

Je suis prête, même si jamais tu ne me rassasies en cette vie.

Tu es le Seigneur du Temps.

Fais tout selon les plans de ta Sagesse.

Quand doucement tu appelles au sacrifice,

Aide-moi, oui, à l’accomplir.

Laisse-moi dépasser totalement mon petit moi,

Pour que morte à moi-même,

Je ne vive plus que pour toi !

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 13:11

424880_2.jpgTous, nous serons transformés par la Victoire de notre Seigneur Jésus Christ. (cf. 1 Co 15,51-58)

Les propositions pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens de 2012 ont été préparées par un groupe de travail composé de représentants de l’Église catholique romaine, de l’Église orthodoxe et des Églises vieilles-catholiques et protestantes, présentes en Pologne.

Après de longs échanges, auxquels ont pris part les représentants de divers groupes Œcuméniques  de Pologne, il a été décidé de se concentrer sur un thème qui touche à la puissance transformatrice de la foi au Christ, thème très en rapport avec notre prière pour l’unité visible de l’Église, Corps du Christ. Ceci se fondait sur l’enseignement de saint Paul à l’Église de Corinthe, qui parle du caractère temporaire de notre vie actuelle (avec toute sa dimension apparente de « victoire » et de « défaite »), en comparaison du don qui nous est fait par la victoire du Christ dans le mystère pascal.

Pourquoi un thème de ce genre ?

L’histoire de la Pologne a été marquée par une série de défaites et de victoires. On peut citer le nombre d’invasions qu’elle a subies, ses partitions, l’oppression qu’elle a connue de la part de puissances étrangères et de systèmes hostiles. Le combat permanent pour vaincre tout asservissement et le désir de liberté sont des caractéristiques de l’histoire polonaise qui ont conduit à des transformations significatives dans la vie de la nation. Et cependant, toute victoire suppose des perdants qui ne partagent ni la joie ni le triomphe des vainqueurs.

Cette histoire propre à la nation polonaise a conduit le groupe œcuménique rédacteur des propositions de cette année à réfléchir plus profondément sur ce que signifient « gagner » et « perdre », en tenant compte notamment du fait que le langage de la « victoire » est souvent perçu en termes triomphalistes. Le Christ nous le présente pourtant tout autrement!

En 2012, le championnat d’Europe de football se déroulera en Pologne et en Ukraine – ce qui n’aurait jamais été possible par le passé. Pour beaucoup de gens, c’est le signe d’une nouvelle « victoire nationale », puisque des centaines de millions de supporters attendent impatiemment de connaître les équipes gagnantes qui s’affronteront dans cette partie de l’Europe. Cet exemple peut nous amener à réfléchir à la difficulté de ceux qui ne connaissent pas la victoire – et cela pas seulement dans le domaine du sport mais dans leur vie personnelle et communautaire : qui se souviendra des perdants, de ceux qui subissent constamment des défaites parce que la victoire leur est refusée, en fonction de   conditions et circonstances diverses? La rivalité n’est pas qu’une caractéristique permanente du sport mais aussi de la politique, des affaires, du monde culturel et même ecclésial.

Le fait que les disciples de Jésus se soient querellés pour savoir « qui était le plus grand » (Mc 9,34), a bien montré la force de cette impulsion. Mais la réaction de Jésus a été très simple : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9,35). La victoire dont il est question ici se réalise dans le service mutuel, l’entraide, le soutien pour que s’estiment personnellement ceux qui sont « les derniers », les oubliés, les exclus. Pour tous les chrétiens, l’expression la plus parfaite de cet humble service, c’est Jésus Christ, dans sa victoire sur la mort et sa résurrection. C’est dans sa vie, son action, son enseignement, sa souffrance, sa mort et sa résurrection que nous cherchons comment mener, aujourd’hui, une vie de foi victorieuse qui se traduise dans un engagement social vécu en esprit d’humilité, de service et de fidélité à l’Évangile.

Et, alors qu’il allait connaître la souffrance et la mort désormais proches, Jésus priait pour que ses disciples soient un afin que le monde croie. Cette « victoire » n’est possible que par une transformation spirituelle, une conversion. Il nous semble par conséquent que nos méditations devraient porter sur ces mots de l’Apôtre des Nations. Le but est de parvenir à une victoire dont tous les chrétiens soient rendus participants à travers le service de Dieu et du prochain.

C’est dans la prière et l’effort pour la pleine unité visible de l’Église que nous mêmes – et les traditions auxquelles nous appartenons – seront changés, transformés et rendus semblables au Christ. L’unité pour laquelle nous prions requiert peut-être le renouveau de certaines formes de vie ecclésiale dont nous sommes familiers. C’est enthousiasmant mais cela peut aussi nous faire terriblement peur ! Nous ne prions pas pour une unité qui ne serait qu’affaire d’amitié et de collaboration « confortables ». C’est une unité qui requiert la volonté de renoncer à toute concurrence entre nous. Il nous faut nous ouvrir les uns aux autres, nous faire des dons et accepter d’en recevoir en échange, afin de pouvoir entrer véritablement dans la vie nouvelle proposée dans le Christ, qui est la seule vraie victoire. 

Il y a place pour chacun dans le plan divin du salut. Par sa mort et sa résurrection, le Christ embrasse tout, sans qu’il soit question de gains ou de pertes, « afin que quiconque croit ait, en lui, la vie éternelle » (Jn 3,15). Nous aussi pouvons avoir part à sa victoire ! Croyons simplement en lui, et il nous sera plus facile de vaincre le mal par le bien.

 

Seigneur Jésus-Christ, tu as dit à tes apôtres :

"Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix" ;
ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Eglise ;

pour que ta volonté s’accomplisse,
donne-lui toujours cette paix,
donne ta paix :
aux églises orientales, aux églises orthodoxes et à leurs Patriarches,

donne ta paix :
aux églises issues de la Réforme, à la Communion Anglicane,
aux églises évangéliques,
à toutes les assemblées chrétiennes qui invoquent ton Nom,
et aux responsables de chacune de ces églises.

Mets un terme à notre division ;
et conduis-nous vers l’unité parfaite,
Toi qui règnes pour les siècles des siècles.

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 13:27

 

armistice_i.jpg

Si aujourd'hui, nombreux sont ceux qui ont pu jouir d'une bonne grasse matinée, c'est en raison de la commémoration de l'Armistice de la Grande Guerre. A ce propos, il est heureux de constater que cette date va aussi être l'occasion de faire mémoire de tous les hommes morts pour les couleurs françaises dans les théâtres d'opération extérieurs. Ainsi, les militaires qui donnent leurs vies loin de leur terre natale et de leur famille seront honorés par la nation. 

 

Ainsi, aujourd'hui, nous faisons mémoire de ce jour où dans un wagon, au beau milieu de la forêt de Compiègne, à Rethondes exactement, allemands et français signèrent l'armistice. L'histoire dit, et certains prétendent qu’en 1918, l'armistice aurait pu être signé avant le 11 novembre, mais que les maréchaux Joffre et Foch souhaitèrent qu’il soit signé le 11, jour de la fête de saint Martin. A 5h 15 du matin, il fut signé pour devenir effectif à 11 heures. Dans toute la France, les cloches sonnèrent à la volée à 11heures précises. A Paris, les cloches de la capitale résonne en témoins de cette "heureuse" date.

A la Basilique Saint-Martin-de-Tours dans la crypte du tombeau de saint Martin, on peut voir un ex-voto :

A Saint Martin,

 11 novembre 1918, 

Foch 

Maréchal de France

 

La juxtaposition des deux célébrations ne semble donc pas liée aux aléas de calendriers républicain et catholique! Cependant, l'armistice a très largement occulté la fête de l'illustre saint Martin, qui au delà de l'épisode du partage de son manteau, contribua à l'évangélisation de la gaulle et la fin du paganisme. Aujourd'hui, les moines bénédictins de Ligugé, à côté de Poitiers, fêtent aujourd'hui les 1650 ans de la première fondation monastique en occident par saint Martin. (Lérins vient juste derrière, c'était en 406! à 44 ans près!) N’oublions donc pas la mémoire de ce saint qui est pour chacun un modèle de sainteté et de zèle missionnaire. Pour que chacun puisse s’édifier de ce personnage qui n’a eu de cesse de renvoyer au Christ, vous trouverez un prochain article quelques lignes de Sulpice Sévère, disciple de saint Martin et qui fut son hagiographe.

 

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